Adrian Chen, du site Gawker, s’est penché sur le cas d’Amine Derkaoui, un Marocain de 21 ans qui en a long à dire sur les pratiques de Facebook. Engagé par le géant l’an passé, il a reçu une formation de quelques semaines avant de pouvoir filtrer le contenu jugé indésirable – via un sous-traitant – pour le salaire mirobolant de 1$ l’heure. L’homme est furieux.
«C’est humiliant. Ils ne font qu’exploiter le tiers monde», s’est-il plaint récemment sur Skype. Afin de leur remettre un peu la monnaie de leur pièce, Derkaoui a fourni à Gawker quelques documents internes montrant le fonctionnement de la censure à la Facebook.
Comme l’écrit Chen, Facebook a fait des milliards de dollars avec la vie privée de ses (maintenant centaines de) millions d‘usagers, mais s’est toujours targuée d’offrir un site propre et dénué de toute la saleté «épeurante» de l’Internet: la porno, le sang, le racisme, l’intimidation virtuelle, etc.
Mais la ligne est mince entre garder les pages des usagers «proprettes» et l’abus de censure, et le zèle de Facebook a créé quelques commotions. En avril dernier, la disparition d’une innocente photo de baiser gai lui a valu une accusation d’homophobie. Quelques mois auparavant, la censure d’un dessin de nu enragea la communauté artistique mondiale. Plus récemment, les partisans de l’allaitement on manifesté (!) contre la décision de FB d’effacer des photos de femmes nourrissant leurs poupons au sein.
Les censeurs travaillent avec un manuel de 17 pages, mais un document d’une page (que vous pouvez consulter en cliquant ici), divisé en thématiques (nudité, haine, drogues, vandalisme ou fraude, etc.) résume les crimes perpétrés contre Facebook, notamment: les mères qui allaitent sans vêtement, des jouets sexuels (en pleine utilisation), du fétichisme sous toutes ses formes, des images «photoshopées» de personnes (que le résultat soit positif, négatif ou neutre), des photos de personnes saoules, des phrases jugées agressives («j’aime entendre des crânes se briser»), etc.
Toute activité sexuelle, même si les gens sont habillés, sera effacée, y compris les parties intimes, ce qui inclus le haut des fesses.
La violence est toutefois tolérée jusqu’à un certain point. «Une tête ou des membres écrasés sont acceptés, tant qu’on ne voit pas l’intérieur» (!!!). Des blessures profondes sont tolérées.
Du côté des drogues, la présence de marijuana sur une photo ne semble pas poser problème, mais pour les autres drogues, c’est non.
Sous la thématique «haine», il est interdit d’avoir des photos comparatives entre deux personnes. Voilà qui est ironique, écrit Chen, car le premier site de Mark Zuckerberg, FaceSmash, s’amusait à comparer et noter les étudiantes de Harvard…
Pour en revenir à Derkaoui, il a trouvé ce travail via oDesk, qui offre des services de modération pour Google et Facebook. Après avoir réussi un test écrit et une entrevue, il fut invité à se joindre à une équipe d’une cinquantaine de personnes réparties un peu partout dans des pays reconnus pour leur faible rémunération: la Turquie, les Philippines, le Mexique, l’Inde. Ils travaillent de la maison pour des durées de quatre heures à la fois, et les commissions amassées permettent de faire monter le salaire jusqu’à un mirobolant 4$ l’heure.
Certains modérateurs abandonnent au bout de quelques semaines, choqués par ce qu’ils voient, entendent ou lisent. Les histoires de pédophilie, nécrophilie, suicide, etc. ne sont pas rares.
Pour lire l’article complet de Gawker, cliquez ici.
Pagination
Que pensez-vous de cet article?
Loading...
Billets de blogue en primeur
STM : il n’y a pas de service au numéro composé
La chronique de Martine Turenne - il y a 1 heure 29 minutesElle se dénonce à la police sans le savoir
Sur le radar - il y a 2 heures 37 minutesUn grizzly mâche une caméra
Sur le radar - mer. 22 mai 2013
Aujourd'hui sur Yahoo!
1 - 8 de 48
- Sarkozy sans Carla en Israël: "impardonnable", selon Shimon Peres
- Une femme menace sa voisine avec un débouchoir en raison de mauvaises odeurs
- À chaque fois que Bernard Foucher paie ses impôts, le Fisc le rembourse !
- Avis d'ébullition d'eau à Montréal
- Le monde aime la marque Coca Cola, la France beaucoup moins

