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    La sisa, la nouvelle drogue des Grecs

    Un policier s'approche d'un toxicomane dans le centre d'Athènes, le 13 janvier 2012 (Yannis Behrakis/Reuters)Non, messieurs dames les cyniques, cette nouvelle drogue n'est pas composée des milliards de dollars du plus récent plan de sauvetage conclu par les pays européens.

    Quoi que triste, la situation financière catastrophique du pays de Zeus en a engendré une bien plus terrible: les junkies de la capitale ont maintenant une nouvelle substance toxique à consommer. Il s'agit de la sisa (prononcée «chicha»), une drogue «principalement composée de liquide de batterie et de détergent [qui] se fume à la pipe sous forme de cailloux blancs», rapporte Rue89.

    Dans un reportage qui fait le tour de la toile depuis mardi matin, la journaliste Léa Lescure explique que la crise a fait augmenter les prix de l'héroïne à tel point que la sisa est maintenant la drogue de l'heure à Athènes. «Tout le monde en prend dans la rue: le shoot d'héro a augmenté de 3 à 20 euros, contre 2 ou 3 euros pour la sisa», lui a raconté Nikos, un toxico de 37 ans.

    Les vendeurs de dope de la capitale où règne le chaos ont flairé la bonne affaire. Ces crapules dissimulent la nouvelle merde sous le camouflet d'une pilule de méthadone, un populaire traitement de substitution à l'héroïne.

    Dimitra, 19 ans, explique la situation à Lescure: «Au début, j'ai cru que c'était de la méthadone, et une fois accro, c'était foutu. On trouve la sisa partout, bien plus facilement que l'héroïne.»

    Lescure écrit: «Particulièrement abrasive et réputée «pire que le Krokodil» dans la rue, les conséquences physiques et psychiques de sa consommation en trois mois seraient comparables, selon l'Observatoire national des drogues, à dix-huit mois très intensifs d'héroïne par intraveineuse.»

    La sisa peut provoquer une accélaration du rythme cardiaque semblable à ce que fait la cocaïne. Parmi les effets secondaires, on retrouve des trucs aussi plaisants que de l'insomnie de plusieurs semaines, des crises obsessionnelles et des extrêmes pulsions de violence.

    Bref, voilà une autre bien triste histoire qui émane de la Grèce, comme si crouler sous le poids d'une dette impossible à subjuguer n'était pas suffisant.