Un entrepreneur des Pays Bas, Jim Halfens, propose aux couples en fin d’union une solution clé en mains pour mettre un terme à leur mariage: Divorce Hotel.
Le principe est simple : on s’y présente marié le vendredi et on en sort avec les papiers du divorce en mains le dimanche, avec l’aide de médiateurs et d’avocats indépendants. Le tout pour une somme incluse dans la location de la chambre (entre 3000 et 10 000$, selon la complexité du divorce).
Déjà établi aux Pays Bas – 17 couples s’y sont présentés, 16 en sont ressortis prêts pour une séparation officielle – ce service pourrait être offert dans certains hôtels américains sous peu. Halfens est présentement en négociation avec des établissements de certaines villes – dont New York et Los Angeles – et a également approché des bureaux d’avocats. Et sans oublier, bien sûr, deux compagnies de production télévisuelle afin d’en faire, États-Unis obligent, une émission de téléréalité…
Robert S. Cohen, un avocat qui a défendu de «petits clients» tels le maire Michael R. Bloomberg et Ivana Trump affirme que même s’il aurait aimé en avoir eu l’idée, un tel projet s’avère compliqué. D’après lui, ça ne fonctionnerait pas pour la plupart des couples.
Pour qu’une fin de semaine de ce genre ne tourne pas au fiasco, il faut que le couple puisse toujours être en mesure de se parler, et que sa situation financière soit simple. Imaginons un instant que des notions d’entreprise partagée, d’investissements communs ou d’argent détenu dans des comptes étrangers fassent partie de la problématique; comment tout régler en un weekend «paisible» à l’hôtel?
Et c’est sans oublier toute l’émotivité entourant un divorce. C’est beaucoup à gérer, et de faire cela en passant deux jours à l’hôtel avec son/sa futur(e) ex «n’est pas un scénario très plausible. La plupart des gens qui se divorcent ne tiennent pas à se revoir à moins de ne pas avoir le choix», indique Robert S. Cohen.
Le «marché du divorce» aux États-Unis est une véritable machine à faire de l’argent. Il est évalué entre 50 et 175 MILLIARDS de dollars par année, dépendant de ce qui est inclus dans le calcul (les dépenses ne s’arrêtant pas aux frais d’avocats). En 2009, 1,2 million d’Américains se sont divorcés.
Jim Halfens saura-t-il profiter de cette manne? Gageons qu’il fera sans doute plus d’argent avec la téléréalité qu’avec la location de suites…
Source: The New York Times

