Plus ça va, moins les revendications des «étudiants» sont précises. Je mets étudiants entre guillemets parce que, moins de dix pour-cent des étudiants collégiaux et universitaires du Québec sont à l’origine de cette contestation absurde pour une poignée de dollars. Moins du tiers des institutions du Québec ont été touchées par le boycottage. Et dans ces institutions, le taux de participation au vote de boycottage des cours a été très variable et les conditions entourant les scrutins, souvent contestées.
Puis, les médias aidant, l’effet mouton a joué. Pendant un certain temps, tout le Québec français, totalement écœuré de Jean Charest et des libéraux a emboité le pas «aux étudiants» y voyant une façon de manifester sa révulsion terminale pour ce régime pourri solidement amarré à la Sainte-Alliance des anglo-ethniques, des affairistes magouilleurs et de la mafia.
Le parti libéral, on le sait, fait gerber la majorité francophone du Québec. Il est au pouvoir parce que celle-ci est divisée et que ses ennemis sont massivement unis derrière Charest placé sur son trône par les milieux d’affaires de Toronto.
Par son obstination à semer la pagaille, soir après soir, la frange idiote du mouvement de contestation est en train de convaincre la majorité silencieuse de s’allier aux Anglos ethniques pour réélire le PLQ à l’automne.
Vous pensez que j’exagère? Attendez de voir le résultat dans Lafontaine où les électeurs d’origine italienne dominent. À moins d’une surprise monumentale, le candidat libéral va y être réélu haut la main. En fait, un cochon portant aux flancs le logo du PLQ y serait facilement élu. La preuve? Dans le passé plusieurs cochons rouges y ont été propulsés vers l’Assemblée nationale et son pactole de magouilles lucratives. Vous pensez peut-être au scandale des garderies? Moi aussi.
Les dirigeants de la fronde «étudiante» ne voient-ils pas qu’ils font le jeu des libéraux? Au point où ça me surprend qu’il n’y ait pas encore de conspirationnistes qui soupçonnent publiquement les organisateurs des casses quotidiennes d’être de mèche avec les libéraux.
Ne le croyez surtout pas. Jamais ces derniers ne feraient appel à des «opérateurs» aussi incompétents que maladroits. Il n’a fallu que peu de temps à la police pour arrêter les clowns piteux qui ont imaginés ces frasques aussi idiotes que dangereuses dans le métro. Les délateurs étaient semble-t-il nombreux et empressés.
Il ne faut pas donner aux organisateurs des troubles une cohérence dans l’action et une intelligence qu’ils n’ont pas. L’agitation est à la dérive. On se justifiait d’abord en disant qu’on voulait stopper l’augmentation des frais de scolarité avant de se perdre dans les généralités et les poncifs: contestation de la globalisation et du régime capitaliste mondial.
Ce matin, le Devoir nous apprend que la nouvelle égérie de la FECQ, Éliane Laberge, à l’intention de rediriger «la mobilisation» vers le «malaise» ressenti par la population. On bordélise la vie de centaines de milliers de Québécois ordinaires, on perturbe pendant des semaines l’activité économique du centre-ville Montréal et on ne sait plus exactement pourquoi. Plus stupidement malfaisant que cela, tu meurs.
Et il y a des crétins qui crient à la dictature. Charest égale Pinochet et Assad. Et pourquoi pas Mao et Castro?
Comme cela était prévisible, de vieux gauchistes, d’ici et d’ailleurs, font chorus avec les «étudiants», contents de constater que de jeunes sans-desseins prennent la relève pour tourner en rond à leur place.
Je devrais surveiller mes paroles. Villeneuve a reçu des menaces de mort parce qu’il n’est pas d’accord avec la meute estudiantine délirante. Vive la liberté d’expression.

