ACTIVITÉ DE VOS AMIS

    La chronique de Normand Lester

    Terroristes, malades infectieux, criminels du monde entier : Bienvenue au Canada

    Un bureau d'Immigration Canada (archives)On sait depuis longtemps que tout le processus concernant les demandeurs du statut de réfugié politique au Canada est une bouffonnerie pathétique. J'y reviens plus loin dans la chronique.

    On apprend maintenant que ce n'est pas mieux en ce qui concerne les étrangers qui demandent des visas pour s'établir au Canada. Ils sont plus d'un million chaque année à solliciter un visa de résidence temporaire et plus de 300 000 à réclamer un visa de résidence permanente.

    Le vérificateur général du Canada par intérim, John Wiersema, a trouvé « des faiblesses inquiétantes » dans la façon dont le Canada accorde ces visas. L'Agence des services frontaliers et Citoyenneté et Immigration laissent entrer à peu près n'importe qui sans vérifications sérieuses. Ça fait 20 ans que les VG signalent, sans succès, le problème aux gouvernements successifs, libéraux comme conservateurs.

    Je lis dans le rapport des choses incroyables. Les agents de visas comptent avant tout sur les informations fournies par la personne qui demande un visa. Près des deux tiers des agents des visas interrogés déclarent qu'il leur est impossible de confirmer les renseignements fournis. Ils doivent donc croire sur parole des gens qui ont intérêt à mentir. La moitié des fonctionnaires ont déclaré qu'ils n'ont pas les informations nécessaires pour établir si un demandeur est un risque de sécurité pour le Canada et qu'ils sont incapables d'établir la crédibilité des documents fournis par des organismes de sécurité étrangers. Et ils ne peuvent, pour des raisons bureaucratiques, vérifier auprès du SCRS ou de la GRC si les informations données sont valables. Une fois admis au pays, il n'y a aucun suivi d'effectué dans la presque totalité des cas. N'oubliez pas le Canada est parmi le top cinq des pays visés par al-Qaïda.

    Le rapport du vérificateur général va être lu avec intérêt à Washington où il va confirmer tous les préjugés qu'on entretient sur le laxisme du Canada dans le domaine de la sécurité continentale. De quoi encourager les Américains à resserrer les contrôles frontaliers.

    Ce n'est pas tout. Le VG a découvert que l'examen médical des demandeurs de visas est aussi une farce. On vérifie s'ils sont infectés par deux maladies, la syphilis et la tuberculose sur les 56 maladies qui nécessitent une surveillance nationale au Canada. Plus irresponsable que ça, tu meurs (d'une maladie contagieuse).

    Pourquoi cette complaisance incroyable des libéraux et des conservateurs dans un domaine névralgique? C'est simple. Les deux grands partis canadiens courtisent le vote des citoyens récents qui voient d'un mauvais œil toutes mesures ciblant les nouveaux arrivants. Je le rappelle, le poids politique de ces électeurs dans la Confédération dépasse maintenant celui des Québécois.

    Revenons donc aux demandeurs d'asile et du statut de réfugié politique. La CBC révèle une nouvelle lacune grave dans le processus qui est déjà remarquable par son inefficacité. Des documents obtenus par demande d'accès à l'information indiquent que plus de la moitié des juges de l'immigration ne sont pas qualifiés pour faire le travail.

    Cela n'est guère surprenant. Le tribunal de l'immigration est l'un des exemples les plus scandaleux de nominations politiques de l'administration fédérale. La plupart des individus qui y siègent le doivent à leurs « connexions » : époux de sénatrice, amis de ministres, organisateurs politiques en fin de carrière, députés défaits impossibles à caser ailleurs, militants sans emploi, etc.

    Tous les juges actuels étaient tenus de se soumettre à un examen pour pouvoir rester en poste après l'adoption prochaine du projet de loi C-11 sur l'immigration. On apprend que sur les 63 juges de la Commission de l'immigration, 32 ne répondent pas aux critères pour être maintenus dans leur fonction. Vingt-quatre des candidats ont été éliminés après de simples examens à choix multiples (au moins, ils savaient lire!). Une candidature a été écartée et sept autres éliminées après les entrevues. Douze juges qui se savaient incompétents et ne voulaient pas s'humilier en échouant à l'examen ont retiré leur demande ou ont refusé de s'y soumettre.

    Je souligne qu'aucun des juges incompétents n'a eu la décence de démissionner. Ils vont rendre des jugements, et collecter leurs émoluments (100 000$ par année) tant que le projet de loi C-11 n'aura pas été adopté.