Le Canada et 27 autres pays refusent de dire s'ils se sont rendus complices des États-Unis en autorisant le survol ou l'atterrissage sur leur territoire de vols secrets de la CIA. Ces vols illégaux transportaient des suspects vers des prisons secrètes ou des centres de tortures situés dans des pays qui pratiquent ces supplices sur des prisonniers pour obtenir des renseignements.
Les militants de droits de la personne de l'organisation britannique Reprieve travaillent depuis des années pour assembler des éléments d'information sur les centaines de vols clandestins qui ont transféré de présumés terroristes entre des prisons outre-mer, tenues par la CIA, et la base militaire de Guantanamo, dans le cadre de la « guerre au terrorisme » qui a suivi les attentats du 11 septembre 2001.
Reprieve a fait des demandes d'accès à l'information dans 28 pays pour savoir s'ils étaient impliqués dans le programme américain. La majorité d'entre eux n'a rien voulu dire. Curieusement, les États-Unis, selon le rapport de l'organisation, ont fourni « de loin, la réponse la plus détaillée ». Un porte-parole de Reprieve affirme que « les preuves suggèrent que le Canada, en vertu de son emplacement, a été un élément vital pour le programme de restitutions extraordinaires ».
Le Canada justifie son refus de collaborer en disant que NAV Canada n'est pas soumis à la loi d'accès à l'information. J'avais enquêté sur ce dossier alors que j'étais à TQS.
Voici certaines informations que NAV Canada refuse toujours de divulguer et que j'avais découvertes. Des avions-cellulaire de la CIA se sont posés au Canada à plusieurs reprises avec des détenus islamistes en route vers Guantanamo.
Selon les autorités aéronautiques islandaises, un avion-prison de la CIA s'est posé dans ce pays 3 fois en 2002. L'avion en provenance de Copenhague s'est ensuite envolé vers le Canada.
N221SG LJ35 - Learjet 35 -Lending 31.03.2002 12:32 - CYYT - ST. Johns
N221SG LJ35 - Learjet 35 -Flugtak 21.05.2002 09:07 - CYQX - Gander
N221SG LJ35 - Learjet 35 -Flugtak 21.05.2002 09:07 - CYQX - Gander
À une autre occasion, le Learjet immatriculé N221SG transportait une personne enlevée en Turquie. Le même appareil, qui peut transporter 10 passagers, a aussi atterri aux Açores le 8 aout 2005 en transit vers l'Amérique du Nord. Il appartient à Parth Corporation, une société de façade de la CIA.
Le journal La Presse de son côté avait découvert qu'un biturbo CN-255-300 immatriculé N168D de 40 places appartenant à Devon Holding and Leasing Inc. de Lexington, N.C., une autre compagnie de façade de la CIA, a fait escale à St. John's Terre-Neuve en transit entre l'Europe et les États-Unis. La Presse avait découvert que les deux appareils appartenant à Devon avaient l'autorisation de se poser sur toutes les bases militaires américaines de la planète.
Reprieve, à l'aide des informations obtenues d'autres pays a découvert que Gander au Labrador servait en 2004 d'escale entre Guantanamo, la base américaine de Bagram en Afghanistan et Vilnus en Lituanie où la CIA opérait une prison secrète. Un détenu de Vilnus poursuit la Lituanie devant Cour européenne des droits de l'homme pour y avoir été torturé par la CIA.
Le New York Times de son côté avait révélé que la CIA opérait 26 avions-cellulaires à travers sept compagnies privées de façades. C'est à bord d'un de ces vols secrets de la CIA que le Canadien Maher Arar, intercepté par la CIA à l'aéroport JFK de New York, avec la complicité de la GRC, a été transporté en Jordanie et en Syrie pour y être torturé et détenus illégalement pendant plus d'un.
Les Américains n'ont jamais reconnu avoir opéré dans des prisons secrètes en Thaïlande, en Afghanistan, en Lituanie, en Pologne et en Roumanie. Ils transféraient aussi des personnes soupçonnées d'avoir des relations avec des organisations terroristes en Égypte en Syrie, en Jordanie et dans d'autres pays où la torture est permise. C'est dans un de ces «centres de torture » que Khalid Cheikh Mohammed le cerveau des attentats du 11 septembre, a été soumis au supplice de la noyade simulée 88 fois.
Le programme a connu sa plus grande activité entre 2002 et 2005. Le programme de torture dissimulé sous l'euphémisme d'interrogatoires renforcés a pris fin en 2009.

