La piste pointait dans la direction de ce que les Français appellent l'ultra-droite. Vers les néonazis et les suprématistes blancs avec des antécédents militaires et amateurs d'armes à feu. Les analystes des médias privilégiaient cette explication qui permettait de dénoncer au passage Marine Le Pen et son parti. La police était plus circonspecte se limitant à souligner que l'antisémitisme de l'assassin était incontestable.
À la vérité, le meurtrier des enfants juifs et des soldats musulmans était un tueur qui se réclame d'Al-Qaeda et qui s'est rendu au moins à deux reprises en Afghanistan et au Pakistan pour y recevoir une formation de terroriste. D'où son habileté remarquée avec les armes de poing.
Lors de l'attentat contre l'édifice fédéral d'Oklahoma City en 1995, qui a tué 168 personnes, les médias américains avaient fait l'hypothèse inverse. Venant après le premier attentat meurtrier contre le World Trade Center de New York, c'était la piste du terrorisme islamique qui était privilégiée jusqu'à l'arrestation de Timothy Mcveigh. Le « all american boy » était devenu un ennemi fanatique du gouvernement fédéral américain. En Afghanistan le sergent Bales lui voulait «tuer du musulman» pour on ne sait trop quel raison.
Les événements de Toulouse vont accroître en France et en Occident la méfiance et l'animosité envers les musulmans qui y sont établis. Et le ressentiment des populations d'accueil va à son tour radicaliser de jeunes hommes issus de cette communauté. C'est vrai en France comme c'est vrai en Allemagne, en Angleterre et au Canada. Pensez aux 17 Pakistanais de Toronto. À l'Algérien Ahmed Ressam de Montréal arrêté alors qu'il s'en allait faire sauter l'aéroport de Los Angeles. L'Islam et l'Occident sont engagés dans une spirale de violence, dont il est impossible de voir la fin.
Les conséquences de ces actes de terrorisme, on les vit depuis le début du millénaire. Adoption de lois accordant plus de pouvoirs aux services de renseignement et aux forces de police. Renforcement des mesures de surveillance de l'État et en particulier sur les populations « à risque » les plus susceptibles d'abriter des terroristes. Résultat : un effritement des libertés et une mentalité de siège dans les communautés musulmanes des pays occidentaux.
Avec la plus importante population musulmane d'Europe, la France est en première ligne du conflit entre l'Occident moralement décadent et l'Islam de plus en plus gagné par le fanatisme religieux. Les seuls bénéficiaires de cette situation sont les islamistes fanatiques regroupés derrière le logo d'Al-Qaeda. Que faire?
Il n'y a malheureusement rien à faire. À part renforcer les mesures de surveillance et de police. Pire la situation va nécessairement s'envenimer au cours des prochaines décennies entre l'Occident et le monde islamique. Les printemps arabes, s'ils sont vraiment représentatifs et démocratiques, ne vont pas porter au pouvoir des formations sympathiques à l'Occident. Au contraire, partout, du Maroc à l'Indonésie, des partis favorables à la charia montent en puissance.
Et c'est sans compter les guerres à venir entre l'Occident (les États-Unis, l'OTAN et Israël) et des pays musulmans. On pense d'abord à l'Iran, mais il y a aussi à l'horizon un conflit presque inévitable avec un Pakistan radicalisé de 180 millions d'habitants avec des armes nucléaires et les vecteurs appropriés. Comment la situation va-t-elle se détériorer dans l'espace syro-libanais? Là encore, les islamistes sont en position de force pour en profiter.
Sommes-nous engagés dans un choc de civilisation avec l'Islam pour reprendre l'expression controversée de Samuel Huntingdon? Les années qui viennent vont apporter une réponse à cette question. La radicalisation des masses arabo-musulmanes va-t-elle se poursuivre? Une chose est certaine, c'est que l'Islam radical, le salafisme djihadiste, et Al-Qaeda se considèrent comme engagés dans une guerre à finir contre la civilisation mondiale actuelle qui s'inspire des valeurs occidentales. L'objectif : la remplacer par un état islamique universel basé sur le coran et la charia.

