ACTIVITÉ DE VOS AMIS

    La chronique de Normand Lester

    Les Américains vont-ils réussir à faire un martyr de Khalid Cheikh Mohammed?

    Le présumé cerveau des attentats du 11 septembre, Khalid Cheikh Mohammed. Le procès du cerveau des attentats du 11 septembre 2001 et de quatre complices a commencé samedi dernier à Guantanamo devant une commission militaire. Ils font face à 2 976 chefs d'accusation de meurtres pour chacune des victimes de l'attentat, de terrorisme, de piraterie aérienne, de complot et de destruction de biens. L'accusation demande la peine de mort. Ces «fous de Dieu» la méritent mille fois.

    Malheureusement, le tribunal qui les juge n'a aucune crédibilité.

    Ce n'est pas moi qui le dis. L'ancien chef procureur de Guantanamo Bay, le Col. Morris Davis, dénonce le procès. D'autres avocats militaires de haut niveau l'appuient, dont le contre-amiral Donald Guter, ancien juge-avocat général de la marine, qui appelle les commissions de Guantanamo un «cirque».

    Le colonel à la retraite Davis affirme que la procédure est gravement discréditée par l'utilisation de témoignages obtenus à partir de la simulation de noyade et des autres «techniques améliorées d'interrogatoire», l'euphémisme inventé par le criminel de guerre Bush pour éviter de dire torture.

    C'est la deuxième tentative de juger Mohammed. Lors d'un procès en 2008, il a  plaidé coupable et réclamé d'être mis à mort comme un martyr. La Cour suprême des États-Unis a invalidé les règles de preuve et le procès a été annulé. Les nouvelles règles mises en place depuis relèvent de l'absurde. On ne peut pas utiliser contre un accusé des aveux qu'il a donnés sous la torture. Mais les déclarations obtenues sous la torture d'autres personnes peuvent être utilisées contre lui. Les interrogatoires «musclés» des cinq accusés vont donc être utilisés les uns contre les autres.

    Les règles des commissions militaires interdisent également d'évoquer l'usage de la torture et d'autres informations sensibles qui pourraient être entendues par un tribunal civil. Le public et la presse qui assistent au procès à Guantanamo sont derrière un écran de verre insonorisant et les procédures qu'ils entendent sont soumises à un délai de 40 secondes afin que les censeurs puissent bloquer les propos des témoins que le gouvernement américain ne veut pas rendre publics. La poursuite contrôle aussi l'accès des avocats de la défense aux éléments de preuve et leur capacité d'assigner des témoins.

    Les groupes de défense des droits ont également critiqué les tribunaux de Guantanamo parce que l'armée américaine en lutte contre Al-Qaïda choisit le juge et le jury, qui se compose de militaires qui combattent l'organisation.

    Human Rights Watch estime que le procès de Khalid Cheikh Mohammed n'a aucune crédibilité et qu'Obama, en l'autorisant, fait un cadeau aux agents recruteurs des organisations terroristes.

    KCM a déclaré qu'il veut plaider coupable, qu'il veut expliquer en détail ce qu'il a fait et ensuite être exécuté et mourir comme martyr pour sa cause.

    Il aurait été facile pour les Américains de le faire disparaître au Pakistan ou ailleurs sans que personne n'entende plus jamais parler de lui. C'était sans doute la meilleure façon de régler le problème de ce monstre répugnant. Ils ont préféré lui faire un procès public grossièrement inéquitable. Ils vont faire de lui un martyr aux yeux de centaines de millions de musulmans.