Obama et Bush jr, c'est vraiment du pareil au même lorsqu'il s'agit de la volonté hégémonique des États-Unis dans le monde. De passage en Australie, l'homme qui prétendait incarner le changement a déclaré que l'accroissement de la prépondérance américaine dans la région Asie-Pacifique était pour lui une priorité absolue.
Obama a annoncé que 2 500 fantassins de l'infanterie de la marine américaine vont être basés en permanence à Darwin dans le nord de l'Australie. Des sources officielles américaines ont expliqué que c'était «pour contrer la Chine» dans la région. Ça fait loin. Regardez un globe terrestre. La distance entre Darwin et la Chine est de 4 200 km. C'est comme déployer des Marines en Angleterre pour influencer l'Ouzbékistan ou, encore mieux, les cantonner à Montréal comme force dissuasive face à la Colombie.
Washington entend résister à la montée inexorable de la Chine comme puissance dominante dans cette partie du monde. Pékin n'a aucune base militaire à l'extérieur de son territoire national et aucune intention d'en créer. De leur côté, les États-Unis maintiennent 40 000 militaires au Japon, 28 500 en Corée du Sud, et 11 000 à Guam. Des effectifs moins importants sont déployés dans des installations en Thaïlande, à Singapour et aux Philippines. Cela n'a pas tellement réussi à contrecarrer l'expansion économique chinoise.
En 2008, les États-Unis maintenaient 761 «sites militaires actifs» à l'étranger, qui abritaient plus de 500 000 militaires dans 151 pays. Le Pentagone est le plus grand propriétaire terrien de la planète. Ses bases couvrent 46,566 milles carrés, une surface supérieure à celle de la Corée du Nord, 46,541 milles carrés.
Pourquoi toutes ces bases à l'étranger? Dans la logique du Pentagone, c'est pour maintenir la domination américaine sur la planète en lui assurant le contrôle des marchés et des ressources. Avec moins de 5 pour cent de la population mondiale, les États-Unis consomment environ le quart des ressources du globe.
Le pays rongé par des dettes qui s'éparpille ainsi est déjà engagé dans deux guerres majeures et impliqué dans des opérations militaires, ouvertes ou clandestines, sur tous les continents sauf l'Antarctique. La plus récente ingérence militaire américaine est en Ouganda où des commandos des forces spéciales luttent contre une secte sanguinaire appelée l'Armée de résistance du Seigneur. C'est vraiment avoir le nez fourré partout! Washington se prépare aussi en prévision de deux autres guerres majeures en Iran et au Pakistan.
Dans des études du Pentagone dignes du docteur Folamour, on parle de «scénarios d'interdiction de zone» et de «négation d'accès aux ressources stratégiques et aux marchés» qu'on veut opposer à la Chine. Bonne chance. Il doit y avoir des substances intoxicantes qui circulent dans les couloirs du Pentagone.
En ce début du XXIe siècle, les marchands ont l'avantage sur les soldats. La montée de la Chine en est le parfait exemple. Ce pays va bientôt rafler la première place aux États-Unis sans avoir recours à son armée.
La meilleure façon pour Obama de contrer l'influence chinoise dans le monde serait de pouvoir rembourser l'énorme dette américaine envers Pékin qui est le principal détenteur de bons de trésor et de réduire les dépenses militaires absurdes du Pentagone. Un défi impossible à relever.
La capacité déclinante des États-Unis pour concurrencer la Chine dans la région Asie-Pacifique et ailleurs dans le monde est le résultat direct d'une économie catastrophée impossible à relancer. Les démonstrations de force et les provocations militaires ne feront rien pour rehausser le prestige des États-Unis et leur sécurité nationale. L'hégémonie économique américaine va bientôt être chose du passé quoi que disent et quoi que fassent le Pentagone et Obama. Restera, la militaire et la culturelle. Elles suivront éventuellement.

