La Corée du Nord voulait montrer au monde entier son niveau scientifique et technologique avancé en plaçant un satellite sur orbite. On avait même invité des dizaines de journalistes étrangers pour suivre le tir et les diverses festivités accompagnant le centième anniversaire de la naissance du fondateur de l'absurde dynastie communiste, Kim Il-Sung, le grand-père du bouffon dégénéré qui préside aux destinés de ce malheureux pays.
Catastrophe. La fusée s'est désintégrée en vol et ses débris se sont abîmés en mer quelques secondes après son décollage, humiliant ainsi le régime et la tête de lard qui le dirige, Kim Jong-un. Le désastre actuel est encore plus médiatisé que la tentative ratée de mettre un premier satellite sur orbite en 2009. Secrètement, des millions de Nord-Coréens ont du rigolé de sa déconfiture.
Il va être révélateur de voir comment la clique dirigeante nord-coréenne va réagir face à cet échec monumental. Le clown joufflu pourrait décider de doubler sa mise et de procéder à un essai nucléaire.
Bien que la Corée du Nord soit le régime le plus totalitaire de la planète, il est possible qu'une pareille humiliation publique provoque une réaction de la population. Les Coréens, superstitieux, auront sans doute noté que leur nouveau leader a défié le sort en choisissant un vendredi 13 pour lancer son satellite. Le régime, qui se réclame du « socialisme scientifique », invoque souvent des prémonitions et autres signes célestes pour expliquer la pérennité de la famille régnante. La destruction de la fusée va, à ne pas en douter, être vu comme un mauvais présage par une partie de l'élite nord-coréenne et par les misérables citoyens de ce pays. Mais, penser que ça pourrait être l'événement déclencheur d'un changement de régime, c'est rêver en couleur.
Le Conseil de sécurité de l'ONU va donc voter de nouvelles sanctions contre Pyongyang. Elles vont surtout frapper la population, l'une des plus mal en point du monde après 20 ans de privation et de malnutrition. Les porcs de l'élite militaro-politique nord coréenne, eux, vont continuer à se gaver. Ce régime monstrueux, qui constitue la phase ultime du socialisme, donne la priorité absolue à son armée et au financement de son programme nucléaire militaire.
Le parapluie nucléaire met le régime nord-coréen à l'abri de toute attaque militaire.
Mais il y a peut-être une autre façon de le détruire. Les Américains (et d'autres pays) possèdent la capacité d'infiltrer les réseaux informatiques nord-coréens pour y provoquer des « anomalies » catastrophiques comme cela est arrivé en Iran il y a moins de deux ans. Une cyberattaque de ce type visant l'ensemble des systèmes de commandement et de contrôle nord-coréens est réalisable. Deux approches sont possibles.
D'abord l'approche subtile. Ce n'est pas malheureusement le fort des Américains. Procéder à une dégradation subreptice, en continu, de l'appareil informatique gouvernemental. À chaque fois, il faudrait qu'on puisse attribuer l'accident ou la mésaventure à une erreur, à une imprévoyance ou à l'incompétence des responsables.
Et qui sait ? La destruction de la fusée Unha-3 est peut-être effectivement le résultat d'une frappe informatique. Je suis convaincu que les paranos qui dirigent la Corée du Nord le soupçonnent.
L'autre approche serait une attaque informatique foudroyante. Un Pearl Harbor numérique. Frapper les réseaux qui gèrent l'armement nucléaire pour les rendre inopérants pour ensuite, presque instantanément, s'attaquer aux systèmes de défense et au reste de l'infrastructure informatique nord-coréenne.
Et si aucun État n'ose mener une cyberguerre contre le régime de Pyongyang, il me semble que se serait la cible idéale pour les guerriers informatiques sans peur et sans reproche du groupe Anonymous. Don Quichotte à l'assaut de la Corée du Nord, pourquoi pas!

