ACTIVITÉ DE VOS AMIS

    La chronique de Normand Lester

    Le Parti républicain américain a perdu les pédales

    Mitt Romney, Newt Gingrich. Charlie Neibergall / The Associated PressDans une des grandes démocraties occidentales, un parti d’extrême droite appuyé par des fanatiques religieux talonne présentement le parti au pouvoir en vue des prochaines élections présidentielles. Non ce n’est pas la France avec le Front national, mais le Parti républicain aux États-Unis. Le parti de Lincoln,  en pleine dérive, se situe maintenant à l’extrême droite de l’échiquier politique. Comparer à lui, le parti de Marine Le Pen est un parti centriste. Les conservateurs de Stephen Harper se situent carrément à gauche.  

    Depuis le début de sa campagne à l’investiture républicaine Newt Gingrich,  un menteur, un hypocrite ne se gène d’ailleurs pas pour qualifier de « modérés » ses adversaires et, en particulier, le moron… pardon le mormon Mitt Romney. Être un « modéré » est l’insulte suprême que Gingrich et les autres dingues de son acabit utilisent pour salir leurs adversaires auprès des électeurs républicains.

    La preuve que Romney est un vendu aux étrangers et qu’il est presque aussi dangereux qu’Obama, selon Gingrich, c’est qu’il parle français. Une publicité télévisée de Gingrich se contente de le montrer en train de dire quelques phrases dans notre langue. De quoi le discréditer à jamais auprès des demeurés qui participent aux primaires républicaines.

    Bon, il y a peu de chance que Gingrich obtienne l’investiture républicaine. Ça va sans doute être Romney, le « moins pire » du groupe de bizarroïdes qu’on croirait sorti d’une émission satirique de télévision comme Saturday night live. Rappelez-vous Gingrich est l’hypocrite qui voulait chasser Bill Clinton de la Maison-Blanche pour sa relation avec la stagiaire Monika Lewinsky alors que lui-même était impliqué dans une relation adultère. Il dénonce les grands groupes de prêts hypothécaires Freddie Mac et Fannie Mae alors qu’il a reçu plus d’un million de dollars de frais de consultations de leur part. Comme faux jeton, c’est dur à battre!

    Le parti républicain renoue avec la vieille tradition américaine des  « Knownothing » des « ignorants fières de l’être », un mouvement nativiste des années 1850 qui considérait l’ignorance comme une vertu. Encore de nos jours l’anti-intellectualisme est une valeur sûre pour une partie significative de l’électorat américain « de l’intérieur », cette vaste étendue entre le Nord-est et la Californie. La triste réalité est qu’il y a des dizaines de millions d’Américains qui croient au ramassis d’inepties que colporte l’extrême-droite messianique américaine qui a pris le Parti républicain en otage. Au cœur de leur « plate-forme » : les reaganomics.

    J’espère que vous ne pensez pas que Ronald Reagan a été un grand président. C’est sous Reagan que le parti républicain a perdu les pédales. Les années Reagan ont été caractérisées par d'énormes déficits budgétaires provoqués par des augmentations des dépenses militaires accompagnées de baisses d’impôts radicales. Les problèmes économiques actuels des États-Unis ont pour origine le programme de dérèglementations des institutions financières de Reagan imaginé par Alan Greenspan qu'il a nommé patron de la réserve fédérale. Time Magazine le place troisième dans sa liste des 25 personnes à blâmer pour la débâcle financière de 2008.


    Et Obama, me direz-vous, n’a rien de particulièrement inspirant. L’homme a trahi ses engagements et les idéaux de toute une génération de jeunes qui pensaient qu’il allait changer la politique. Mais il est lucide, intelligent et cultivé. Il risque d’être réélu par défaut, simplement parce que ses adversaires préconisent des politiques insensés. 

    La force d’Obama cette année, est le crétinisme certifié des républicains et de leur plate-forme électorale.