Toute personne le moindrement lucide ne croit pas un traitre mot de ce que raconte le maire de Montréal quand il prétexte son ignorance complète du système de corruption et de collusion dans lequel il patauge depuis qu'il a laissé Montréal devenir un cloaque mafieux.
Cela n’empêche pas une confortable pluralité des électeurs de la ville de voter pour lui. Une bonne partie des informations qui sortent actuellement devant la commission Charbonneau avaient déjà été rendues publiques par les médias avant la dernière élection municipale.
On doit tristement constater que ça n’a pas préoccupé outre mesure les Montréalais qui l’ont réélu. La majorité d’entre eux sont trop préoccupés par le hockey, Loto-Québec et les téléréalités pour perdre leur temps précieux à suivre ces questions de droit et d’éthique complètement hors de portée de leur capacité cognitive de primates.
Cette chronique s’adresse donc aux autres, à ceux que le comportement de clown ubuesque de Gérald Tremblay fait monter dans les rideaux.
Il est encore une fois venu se lamenter avec son air de grand flanc mou piteux qu’il ne savait rien de ce qui se passait autour de lui. «Lorsque j'ai vu les images à la télévision, comme citoyen, comme maire de Montréal, j'ai été profondément choqué (…). On aurait dû avoir accès à cette information bien avant.»
Dans un procès en Italie en 2010, un agent de la GRC a déclaré que la Mafia percevait une taxe sur tous les contrats de construction à Montréal-en-Sicile. Cette nouvelle a échappé à la mauviette pathétique. Notons que pour protéger la mainmise mafieuse sur la ville, le parti du maire a battu l’année dernière une motion de l’opposition qui réclamait que la police soit consultée lors de l’octroi de contrats.
Totalement inacceptable! Cela aurait empêché les Siciliens de collecter leur juste part et d’en ristourner une partie au PLQ. Faut pas décourager le club social Consenza.
Sans s’esclaffer, Tremblay a dit que son parti, Union Montréal, n'a pas les mains sales: «S'il y a des personnes dans mon entourage qui ont abusé de ma confiance, que la justice suive son cours.» L'innocence a des limites même pour un ahuri comme lui. Il est le seul à avoir échappé à la police parmi le gang de filous libéraux qui constitue son entourage immédiat. Pour l'instant.
Voici quelques-uns de ses proches collaborateurs pris dans les filets de la police et les accusations qui pèsent contre eux. D’autres sont à venir.
Bernard Trépanier. Fraude, complot, abus de confiance, fraude envers le gouvernement. Responsable du financement du parti du maire, Union Montréal. Surnommé «Monsieur 3 %». C’est l’argent que les entrepreneurs devaient verser à Union Montréal pour obtenir des contrats. Tremblay n’en savait rien. Il pensait que l’argent poussait dans les arbres.
Frank Zampino. Fraude, complot et abus de confiance. La police a qualifié Zampino de «tête dirigeante» du stratagème visant à favoriser le promoteur immobilier mafieux Frank Catania qui lui aurait versé des pots-de-vin. L’ami et bras droit de Tremblay a quitté son poste de président du comité exécutif en 2008 pour devenir vice-président principal d’une compagnie de Tony Accurso. Zampino a admis avoir séjourné sur le yacht d’Accurso alors qu’une de ses entreprises participait à l'appel d’offres pour le plus important contrat de l’histoire de la ville, 356 millions de dollars. Accurso l’a remporté. Le contrat a été résilié à la suite du scandale. Accurso exige maintenant 33 millions de compensations.
Martial Fillion. Fraude, complot, abus de confiance. Il a été chef de cabinet du maire avant de devenir directeur général de la SHDM. Il a démissionné en 2008, après qu'une vérification comptable eut découvert qu'il avait versé sans autorisation 8,3 millions de dollars au groupe Catania. Libéral notoire, il a appris à magouiller dans l’entourage de Robert Bourassa où grouillait également son ami Claude Trudel, le maire de Verdun. L’épouse de Fillion, Francine Sénécal, était vice-présidente du comité exécutif de Zampino. Elle a démissionné en 2008 au moment du scandale autour du projet Faubourg Contrecoeur, de Catania.
Tremblay n’a rien vu, rien su, rien entendu des activités criminelles de ses hommes de confiance. Des crimes commis au profit de son parti et dans son intérêt. Si vous êtes assez cons, assez débiles pour croire cela, vous êtes parmi les Montréalais qui lui accordent leur confiance et leur vote.
À la place des chefs de deux partis d’opposition, je serais totalement déprimé devant la connerie indécrottable des électeurs montréalais. Ils méritent le maire qu’ils ont.
Allez. Consolons-nous. Allons manger des glaces de chez Ital Gelati.
Le maire Tremblay, une pathétique caricature de lui-même!
Par Normand Lester | La chronique de Normand Lester – ven. 28 sept. 2012Pagination
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