ACTIVITÉ DE VOS AMIS

    La chronique de Normand Lester

    La CLASSE va-t-elle faire réélire les libéraux?

    Jean Charest. (Photo: Presse Canadienne)Ce qui est amusant, quelques jours avant le début officiel de la campagne électorale, c’est la voltige des opportunistes qui espèrent obtenir l’aval d’un parti pour se présenter comme candidat à un siège de l’Assemblée nationale. Rejetés par un parti, ils tentent d’en convaincre un autre de les accepter. Ils veulent tellement profiter de l’assiette au beurre.

    Encore plus affligeant est le spectacle de ceux qui annoncent qu’ils vont se présenter pour le Parti libéral du Québec. Comment un honnête citoyen peut-il décider de s’associer à cette formation après tout ce qui a été révélé depuis 3 ans sur la corruption généralisée dans laquelle le parti baigne et sur ses liens avec la mafia. Il n’y a malheureusement qu’une réponse possible à cette question. Ce sont de vils calculateurs qui estiment que le parti de la vénalité va être réélu et qu’ils vont ainsi pouvoir participer à de lucratives magouilles.

    À moins que les prochains sondages indiquent le contraire, le PLQ a en effet de bonnes chances d’être reporté au pouvoir même si le gouvernement libéral actuel a été l’un des plus corrompus de l’histoire du Québec et son chef Jean Charest parmi les plus incompétents et incapables.

    La base électorale de ce parti est en effet imperméable à toutes les révélations qui l’éclaboussent. Elle est d’abord constituée d’Anglo-ethniques qui, depuis toujours, considèrent qu’il est le seul parti au Québec capable de défendre leurs intérêts au détriment de ceux de la majorité francophone. Ils voteraient donc pour le PLQ même si ce parti leur promettait de les mener en enfer. Sur ce socle de granit s’empilent les éléments les plus ignorants, les moins instruits, les plus vieux et les moins socialement éveillés de la population. Un électorat facile à manipuler par un discours de peur.

    Ce type de rhétorique va justement dominer la campagne de Charest. Le résultat de l’élection va donc dépendre en bonne partie de la stratégie et de la capacité de mobilisation de la CLASSE et de l’extrême gauche anarcho-idiote. S’ils optent pour de nouvelles manifestations au cours du mois d’août et s’ils sont suivis par une partie significative de leurs troupes, ils vont faire le jeu des libéraux. Compte tenu de l’esprit déjanté des idéologues du mouvement (merci l’UQAM), il ne serait pas surprenant qu’ils choisissent la politique du pire en toute connaissance de cause.

    S’ils s’abstiennent de jeter de l’huile sur le feu, le Parti québécois a de sérieuses chances de l’emporter. Probablement pour la dernière fois de son histoire, si l’on prend en considération les changements démographiques qui jouent au détriment de la majorité francophone.

    Pauline Marois. (Photo: Presse Canadienne)Depuis la gaffe des casseroles, Pauline Marois a bien joué son jeu. Le carré rouge n’est plus vu aux réunions du PQ et elle a réussi à attirer dans son giron l'ancien président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Léo Bureau-Blouin et l'auteure et militante anti-islamiste, Djemila Benhabib. LBB est le candidat idéal pour attirer le vote des jeunes dont le taux de participation électorale est faible. Cette élection va permettre de vérifier s’ils sont capables de se mobiliser pour une grande cause, celle du pays, autant qu’une partie d’entre eux l’ont fait au printemps pour des raisons étroitement personnelles, les frais de scolarité.

    L’arrivée de Djemila Benhabib au PQ est une indication claire que le parti renonce enfin aux accommodements déraisonnables à la Trudeau-Bouchard-Taylor.

    Pour réunir les conditions gagnantes à son élection, Pauline Marois doit maintenant tout faire pour ramener au bercail, les brebis égarées. S’ils comprennent l’importance des enjeux pour le Québec, les dissidents, en particulier Jacques Parizeau et sa femme, ne feront pas la sourde oreille aux appels de la cheffe du PQ.