Amir Mirzaie Hekmati
Amir Mirzaie Hekmati a été trouvé coupable d'espionnage au profit de la CIA à Téhéran. Il a 20 jours pour en appeler de sa condamnation à la peine capitale. C'est un jeune américain d'origine iranienne dont le père et les amis disent qu'il est innocent, tout comme des porte-parole des organisations anti-iraniennes, le Corps des Marines et le gouvernement américain. Les articles publiés dans les grands médias américains penchent également dans cette direction. Rien de très surprenant.
Ses proches affirment qu'il allait simplement en Iran voir sa grand-mère et que, pour se faire, il avait demandé son passeport iranien. Sa condamnation ne serait qu'une manipulation montée par le gouvernement, de plus en plus paranoïaque, de Téhéran.
Dès sa sortie de l'école secondaire, il se joint aux Marines. Il participe à la guerre d'Irak comme simple fantassin. Des médias rapportent aussi qu'il passe un certain temps à la Defense Language Institute de Monterey en Californie et qu'il a travaillé sur un projet de la Defense Advanced Research Projects Agency, l'organe de recherche scientifique du Pentagone. Curieux pour un simple fantassin, non?
Après son service chez les Marines, qu'il quitte avec le grade de sergent, il devient un «contracteur privé» au service du Pentagone qui l'envoie en mission au quartier général du Central Command au Qatar, qui a la responsabilité de l'ensemble des opérations militaires américaines au Moyen-Orient. C'est du Qatar qu'il a pris l'avion pour l'Iran. Une fois arrivée à Téhéran, s'est-il rendu chez ses grands-parents? La famille ne veut rien dire. Les Iraniens soutiennent qu'il a plutôt pris contact avec le Ministère iranien des renseignements à qui il a offert ses services en tant qu'espion. Selon une déclaration télévisée qu'il a faite et dans son témoignage en cour, il a donné des documents secrets américains aux services iraniens, sur ordre de la CIA. Certains des documents étaient authentiques alors que d'autres étaient des faux, selon la technique classique pour établir la crédibilité d'un «walk-in». Dans l'argot du métier, un « walk-in » est un espion qui propose ses services à l'adversaire sans avoir été recruté.
Les Américains affirment que tout cela est faux et que le jeune homme a été forcé de faire ses déclarations sous la contrainte. Durant son procès, les autorités iraniennes ont également soutenu que leurs espions l'avaient identifié sur la base américaine de Bagram en Afghanistan.
Le New York Times révèle que Hekmati a aidé une entreprise nommée Kuma Games à obtenir un contrat du Pentagone. Parmi ses réalisations, Kuma a créé une simulation d'une attaque américaine contre une installation nucléaire iranienne appelée Assault on Iran, sur laquelle Hekmati affirme ne pas avoir travaillé. Par contre, il admet avoir développé chez Kuma, pour la CIA, des jeux d'ordinateur et des vidéos pour convaincre l'opinion publique du Moyen-Orient que l'intervention américaine dans la région était avantageuse pour les peuples de la région.
De deux choses l'une. Ou bien Hekmati est d'une extrême naïveté. Sachant que toutes ces informations extrêmement préjudiciables à son sujet sont facilement accessibles, il se rend quand même en Iran pour voir sa grand-mère alors que les deux pays sont sur le bord d'une confrontation militaire.
Ou bien, toutes ces informations le liant au Pentagone ont été savamment ébruitées par la CIA afin établir sa crédibilité comme source de renseignement. Ainsi appâtés, les services secrets iraniens n'auraient dû avoir aucune difficulté à le croire lorsqu'il leur a proposé des documents «secret-défense» des États-Unis.
Qu'en pensez-vous?
