«Ce sont des traîtres!» C'est ainsi que la Société Saint-Jean-Baptiste qualifiait dans Le Devoir les 70 députés fédéraux du Québec qui venaient de voter en faveur de la résolution constitutionnelle permettant le rapatriement de la Constitution sans l'accord du Québec. Certains de ces traîtres avaient poursuivi la SSJB pour diffamation. La Cour d'appel du Québec en 2002 a conclu que ces propos étaient acceptables. En refusant d'intervenir, la Cour suprême a maintenu le jugement.
J'ai toujours considéré Trudeau et Chrétien comme des traîtres dans le sens précis du terme. Leur rôle dans le rapatriement unilatéral de la constitution et dans l'adoption de la prétendue Charte canadienne des droits et libertés est le point d'orgue de leur carrière de renégats et illustre parfaitement pourquoi je hais ces individus. On commémore cette semaine le 30e anniversaire de ces événements affligeants.
Les libéraux, chez qui tout est toujours sonnant et trébuchant, exigent 300 $ à des branquignols qui n'ont vraiment rien d'autre à faire pour le privilège d'entendre le vieux charlot de Chrétien raconter sa trahison. Pour essayer de détourner l'attention de la Constitution et de la Charte, les conservateurs, tout aussi pathétiques, tentent de soulever l'enthousiasme populaire pour le 200e anniversaire de la guerre de 1812 et les célébrations du Jubilé de diamant de la reine.
De son côté, le chef du NPD déclare que son parti veut créer les «conditions gagnantes» pour que les Québécois «épousent» le cadre constitutionnel canadien. On a déjà été baisé de force, Mulcair veut maintenant nous imposer le mariage.
L'Assemblée nationale du Québec a toujours refusé à l'unanimité de signer la «patente à Trudeau.» Les deux tentatives sous Mulroney pour obtenir l'adhésion du Québec, les Accords du lac Meech de 1990 et de Charlottetown en 1992 ont échoué. Le Méphistophélès hargneux qu'était devenu Trudeau et le quarteron de diablotins fanatiques, qui constituaient sa garde rapprochée, s'étaient mobilisés contre.
Rappelons-le, Trudeau et Chrétien ont réalisé un véritable «coup d'État». C'est ainsi que René Lévesque a qualifié l'opération. Margaret Thatcher semblait aussi le penser. La Grande-Bretagne a envisagé empêcher le processus après que la Cour suprême du Canada eut statué que Trudeau procédait en violation des conventions constitutionnelles en agissant sans l'accord des provinces.
La charte n'est pas une victoire pour la démocratie, c'est une victoire pour les avocats. Les pouvoirs des élus sont dorénavant limités par les décisions de juges nommés par le premier ministre qui n'ont pas à être avalisé par des élus comme c'est le cas aux États-Unis. Le système canadien est conçu pour rendre toute modification à la Constitution pratiquement impossible, contrairement aux États-Unis où plusieurs amendements ont été apportés, au cours des siècles, à la loi fondamentale. Nous avons maintenant à vivre avec les pires aspects des traditions britanniques et américaines. L'Australie et la Grande-Bretagne sont des pays aussi démocratiques que le Canada même sans charte. La démocratie et la liberté ont existé au Canada avant Trudeau.
Par sa constitution et sa charte, il a enlevé des droits aux Canadiens. Il a bloqué l'évolution politique du pays et limité le pouvoir de ses élus. Trudeau et Chrétien voulaient avant tout empêcher l'affirmation nationale du Québec et verrouiller à jamais toute possibilité du Québec d'obtenir son indépendance de façon légale et constitutionnelle. Dion complètera la félonie de son maître en utilisant la Cour suprême pour définitivement emprisonner le Québec dans le Canada.
Trudeau a dit que sa constitution était assez bonne pour «durer mille ans», utilisant l'expression d'Hitler au sujet de son IIIe Reich qui n'a duré qu'une douzaine d'années et s'est terminé dans une épouvantable catastrophe.

