ACTIVITÉ DE VOS AMIS

    La chronique de Normand Lester

    Génocides. T’es mieux d’y croire ou de faire semblant, sinon on te met en prison

    Cette loi fait beaucoup de remous en Europe. (Canadian Press)La France, l'un des pays qui se targue le plus d'être la patrie de la liberté et en particulier de la liberté d'expression s'apprête à adopter une loi dite mémorielle qui interdit à ses citoyens de nier une vérité officielle.

    Après avoir interdit aux Français sous peine de sanction légale de douter publiquement de l'holocauste et des méfaits de la colonisation et de l'esclavage, voilà maintenant qu'ils ne pourront plus mettre en doute le génocide des Arméniens par les Turcs durant la Première Guerre mondiale.

    Ranimer actuellement le débat est particulièrement stupide. Il rend impossible le courageux travail des chercheurs Turcs qui témoignent de la réalité du massacre des Arméniens. La Turquie elle, emprisonne ceux qui affirment que le génocide des Arméniens a eu lieu.

    L'affaire des lois mémorielles provoque une montée aux barricades des juristes, des historiens et des écrivains qui considèrent que la répression légale n'est pas la meilleure façon ni un moyen acceptable pour lutter contre une aberration. Avec raison, ils estiment que la confrontation ouverte et la libre discussion permettent à la fin à la vérité de triompher du mensonge et de l'erreur.

    Mais c'était sans compter sur la bassesse des politiciens, vulnérables aux pressions des lobbies et contraints à la rectitude politique. L'une des juristes les plus éminentes de France, Anne-Marie Le Pourhiet, condamne la classe politique française « tombée, dans sa quasi-totalité, dans la lâcheté, le clientélisme et la compassion à vocation électoraliste ».  Les Arméniens constituent un électorat non négligeable en France.

    La première loi mémorielle adoptée en 1991, la loi Gayssot, du député communiste du même nom, interdisait toute opinion au sujet de l'Holocauste qui ne correspondait pas à la version reçue, quasi-officielle. Le chiffre de six millions de morts ne pouvait même pas être contesté. Elle créait ainsi un dogme d'État

    Les lois mémorielles sont contreproductives. L'interdiction légale d'une idée amène les esprits curieux et dubitatifs (en particulier les jeunes), les non conformistes, les sceptiques à s'y intéresser et à lui attribuer une certaine vraisemblance. Elles ne réussissent même pas à étouffer l'information erronée qu'on veut réprimer puisque celle-ci est facilement accessible sur internet. Dans notre monde informatisé où la réalité virtuelle occupe presque qu'autant de place dans la vie des gens que la réalité elle-même, ces lois liberticides n'ont pas de sens.

    Mais pourquoi s'arrêter là? Il y plein de pseudo-vérités qui devraient être crues par les citoyens sous peine de sanctions. Caustique, le philosophe Philippe Nemo, propose aux juges français un aide-mémoire des règles fondamentales de la correction politique afin qu'ils puissent plus facilement décider si des propos sont contraires à l'ordre public. Remplacez France par Québec et vous allez constater que ce bêtisier s'applique à ce que nous vivons ici. Une partie significative de nos élites singe les modes intellectuelles françaises et américaines :

    1) la « diversité » est désormais la norme en France, que la France n'a d'ailleurs jamais été autre chose qu'une « terre d'immigration », sans histoire propre et sans culture autochtone ;
    2) que les nations ou même les civilisations sont dépassées, que le métissage universel, culturel aussi bien que racial, doit devenir la règle;
    3) que la colonisation n'a eu que des effets criminels et dramatiques pour les peuples concernés ;
    4) que le mariage et la famille ne sont plus et n'auraient jamais dû être une norme sociale valide ;
    5) qu'il n'y a aucune distinction morale ni sociale à faire entre l'hétérosexualité et l'homo-, la bi- et la trans-sexualité et que la généralisation de mœurs sexuelles et de comportements jadis tenus en marge est bonne et souhaitable et ne peut avoir aucun effet néfaste d'aucune sorte sur les psychologies individuelles ni sur l'équilibre social d'ensemble, d'où il résulte que toute affirmation du contraire menace l'ordre public.
    *

    Il a une façon démocratique de se débarrasser que ce bataclan idéologique idiot. Ce serait tout simplement comme dans beaucoup d'États américains et dans plusieurs pays européens, dont la très démocratique Suisse, d'établir au Québec des référendums d'initiative populaire. Imaginez tout ce que le peuple enverrait à la poubelle, du Conseil du statut de la femme à la Commission des droits de la personne. C'est pour cela que ça ne se fera pas. Trop de bien pensant(e)s, peu intelligent(e)s et inemployables ailleurs qui s'y sont casé(e)s se retrouveraient au chômage.

    * Philippe Nemo, La régression intellectuelle de la France, Editions TEXQUIS, juin 2011, 95 pages.