ACTIVITÉ DE VOS AMIS

    La chronique de Normand Lester

    DSK ne sera jamais élu président: la France l’a échappé belle

    C'est quand même extraordinaire. Soixante-dix pour-cent des socialistes et cinquante-sept pour-cent des Français croient que Dominique Strauss-Kahn a été la victime d'un complot. Je me demande si cette croyance, qui relève de l'aveuglement volontaire collectif, va tenir longtemps si ses avocats plaident la relation sexuelle consentie. Il faudra alors admettre qu'il a lui-même adopté un comportement autodestructeur qui a rendu le complot possible.

    Un fait est indéniable. En tant qu'obsédé et prédateur sexuel compulsif, comme l'indiquent ses comportements depuis des décennies, DSK était un homme particulièrement vulnérable au chantage et aux manipulations.

    On sait déjà que ses adversaires politiques avaient constitué sur lui un épais dossier sur ses frasques sexuelles qu'ils envisageaient d'utiliser contre lui lors de sa campagne présidentielle. Pourquoi alors exécuter le complot à New York et ainsi laisser le temps au Parti socialiste d'encaisser le coup, se remettre d'aplomb et se choisir un nouveau candidat pour la campagne électorale?

    Les ennemis de DSK et du PS auraient dû attendre et réaliser leur complot en pleine campagne, anéantissant DSK et son parti avec aucune possibilité pour le PS de se ressaisir. DSK aurait été tout aussi sensible à une offre de charme féminin dans deux mois, six mois ou un an que maintenant.

    Les Français devraient donc remercier la providence que cet individu ne puisse dorénavant jamais accéder aux fonctions de président de la République. Pourquoi?

    S'il était devenu président, il est certain que les adversaires, les concurrents et les ennemis de la France auraient été dans une position pour exploiter les « faiblesses de caractère » de son chef d'État.

    Tous les grands services secrets de la planète disposent de départements spécialisés qui colligent les renseignements sur les vulnérabilités des hauts responsables étrangers en vue de les exploiter. Les tares, les vices, les travers, les défauts de ceux qui veulent gouverner comme les épisodes inavouables ou troubles qui se tapissent dans leur passé risquent toujours de faire surface et d'être utilisés contre eux.

    Le journaliste d'enquête Seymour Hersh dans son livre « The Dark Side of Camelot » révèle que l'avionneur General Dynamics a obtenu le contrat pour son F-111 en faisant chanter le président Kennedy. Au courant des faiblesses de caractère de JFK, des membres du service de sécurité de l'entreprise ont placé des micros dans l'appartement de Judith Exner avec qui il avait des relations sexuelles. Ils ont ainsi obtenu des preuves que le président des États-Unis avait une liaison amoureuse avec cette jeune femme qui était aussi la maîtresse de Sam Giancana, le parrain de la mafia de Chicago. Lorsque des représentants de la General Dynamics ont présenté les rubans à Kennedy, il a cédé au chantage et a octroyé le contrat des F-111 à la compagnie malgré son coût faramineux et l'opposition du Pentagone qui ne voulait pas de ces avions médiocres.

    C'est le rôle de la presse dans une société démocratique d'exposer les zones d'ombre de la vie des politiciens dans la mesure où cela peut avoir des répercussions sur leurs décisions politiques.

    La presse française a manqué scandaleusement à ce que la société attendait d'elle dans l'affaire DSK. En France, la plupart des journalistes politiques sont depuis toujours subornés par l'élite du pouvoir. Le pays en paie les frais.