Plus de 1000 personnes issues de groupes syndicaux, communautaires, populaires, féministes et transgenres, ont défilé aujourd'hui à Montréal pour appuyer les revendications du Groupe Anti-Gravité (GAG), une organisation qui réclame l'abolition de la loi de la gravitation universelle. Le manifeste du GAG affilié à Québec Solidaire dont le siège est à l'UQAM proclame qu'il est temps que créer un monde meilleur où les damnés de la Terre (intellectuels, obèses, minorités sexuelles, fonctionnaires et travailleurs de bureaux ) n'auront plus à subir la force injuste de la pesanteur. Les lois gravitationnelles, on le sait, frappent injustement ces catégories sociales.
La gravité et la pesanteur ne sont pas naturelles. Elles ont été inventées par le capitalisme universel qui écrase l'humanité sous son poids. Les gouvernements des pays les plus riches tirent d'immenses profits des lois de la pesanteur et ont intérêt à ce que les masses populaires ne découvrent pas la vérité : la gravité est un mythe créé pour empêcher les peuples de prendre leur envol vers un monde meilleur où tous, peu importe leur masse corporelle, auront un poids nul.
Les auteurs du manifeste antigravité exhortent l'humanité à se libérer psychiquement du poids injuste du capitalisme mondialisant. Ils écrivent :
Une action à portée mondiale peut nous libérer de cette force qui nous écrase. Nous du GAG lançons un appel aux peuples de la Terre, pour qu'au moment venu, ils disent un non unanime à ces lois iniques qui divisent les êtres humains selon leur masse pondérale en limitant leur mobilité et en leur interdisant des déplacements verticaux.
Nous exigeons la troisième dimension que nous dénient, dans une conspiration universelle, les pouvoirs établis depuis la nuit des temps. Seul un vaste mouvement planétaire peut nous en libérer. Nous demandons que dans toutes les villes, tous les villages tous les hameaux de la planète, le peuple guidé par des intellectuels intrépides détenteurs du gai-savoir grimpent au sommet de tous les édifices et se lancent dans les airs dans un geste de solidarité des opprimés de l'esprit en criant « à bas Newton et sa loi inique ».
Dénonçons la supercherie de Newton, un homme blanc décédé au service de la monarchie anglaise qui a justifié par ses mensonges pseudo-scientifiques l'oppression gravitationnelle. Il est temps de reléguer la gravitation aux poubelles de l'Histoire.
Le module d'Actions communautaires de l'UQAM va bientôt rendre public un rapport scientifique détaillé démontrant que les tromperies de Newton s'expliquent par sa mentalité de scientifique au service des grands propriétaires terriens de son époque. Tous de vieux hommes blancs aux pratiques sexuelles horriblement conventionnelles. Nous avons soumis les pseudo-découvertes de Newton à un comité scientifique composé de féministes, de transgenres et de gays. Dans ses réfutations de la gravité, le rapport de l'UQUAM respectera scrupuleusement tous les critères de la rectitude politique. Nous sommes particulièrement fiers que pour la première fois dans l'histoire des luttes des classes opprimées et des minorités sexuelles nous allons introduire un vocable pour tenir compte du fait que les êtres humains ne se divisent pas bêtement en deux sexes inchangeables. Nous allons remanier la langue française pour tenir compte de cette réalité omnisexuelle révolutionnaire. Aux « ils » et aux « elles » méprisants et réactionnaires, nous ajoutons les « yles ». Ce « yle » libérateur permet à la grammaire de dorénavant tenir compte des transgenres, des bisexuels, des pansexuels, des plurisexuels, des polysexuels, et des similisexuels.
Nous combattons pour l'avenir. Ces temps nouveaux où les hommes, les femmes, les transgenres et les autres minorités sexuelles ne seront plus aplatis au sol par la gravité discriminatoire, mais pourront planer vers un avenir radieux dans un ciel bleu poudre, rose ou turquoise.
Nous, que Duplessis appelait avec mépris les « pelleteux de nuages », aurons enfin triomphé du machisme gravitationnel.
