Mes chroniques sont, semaine après semaine, parmi les plus populaires et les plus recommandées des lecteurs de Yahoo! Québec. Certaines ont même dépassé le cap, tout à fait exceptionnel, des mille recommandations.
Publiées sous le titre Poing à la ligne, celles de l'année 2010 ont connu un succès qui m'a surpris. Le livre s'est maintenu à la première place sur la liste des meilleurs vendeurs des essais québécois du Devoir pendant cinq semaines. Mon éditeur, Les Intouchables, m'avise que les commandes des grandes surfaces pour Contrepoing, mes chroniques 2011, laissent supposer un succès encore plus grand cette année.
Le journaliste est l'historien de l'actuel, disait Camus. Je tente de faire, au jour le jour, le bilan de notre temps dans une perspective qui m'est propre et avec une certaine ironie. J'essaye de placer l'événement dans la continuité qui l'a provoqué et de prévoir les conséquences qu'il va engendrer. Yahoo! Québec me donne l'occasion de le faire depuis maintenant deux ans. Je remercie les responsables du site de leur confiance.
Je dis aussi merci à vous, mes lecteurs assidus. Y compris les quelques-uns qui me détestent à en faire des maladies de peau. Ils m'accompagnent comme ces poissons parasites qui s'attachent au dos des requins. Le fait que des personnes qui me vouent aux gémonies aient un besoin addictif de me lire me procure, je dois l'avouer, une satisfaction malsaine.
Deux ou trois de ces trolls répètent, de temps à autre, des propos diffamatoires à mon endroit que je me permets ici de rectifier.
Je n'ai pas été mis à la porte de Radio-Canada. L'ancienne ministre libérale Liza Frulla a fait cette affirmation diffamatoire durant la campagne électorale de 2006. Dans les heures qui ont suivi, mes avocats lui ont fait parvenir une mise en demeure de se rétracter. Ce qu'elle a fait rapidement. Rien ne m'empêchait de rester à Radio-Canada jusqu'à l'âge de la retraite, confortablement installé sur une tablette. Telle était la convention collective des journalistes. Mon différend avec la SRC n'avait rien à voir avec mes compétences professionnelles.
Je savais que je mettais ma carrière en péril lorsque j'ai décidé d'enquêter sur le financement par Ottawa des Minutes du Patrimoine. Le ministère du Patrimoine utilisait la Fondation Bronfman comme paravent pour financer secrètement la série de messages publicitaires présentant une version à l'eau de rose de l'histoire du Canada. La fondation était dirigée Robert Rabinovich, qui venait tout juste d'être nommé président de Radio-Canada. La SRC m'a avisé qu'elle ne diffuserait pas le résultat de mon enquête et m'a ordonné d'y mettre fin. J'ai protesté publiquement de cette tentative d'étouffer l'affaire. Il était temps pour moi, après 35 ans, de reprendre ma liberté de parole et d'aller exercer mon métier de journaliste ailleurs. Je suis quand même extrêmement satisfait de ma carrière radio-canadienne, où j'ai occupé certains des postes les plus convoités du service de l'information: correspondant à Washington, à Paris et à Ottawa.
Un autre bobard revient de temps à autre dans des commentaires désobligeants qui suivent ma chronique. On affirme avec dérision que je croyais que Ben Laden se cachait à La Mecque en Arabie Saoudite. Je n'ai jamais rien affirmé de tel.
Je suis particulièrement fier de ma chronique de 13 septembre 2010 sur Ben Laden. La plupart des médias répétaient alors qu'il se trouvait dans les zones tribales à la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan. J'étais un des rares à écrire, en me fondant sur ses messages vidéos, qu'il avait accès à tous les médias internationaux et qu'il vivait donc probablement dans une ville, peut-être au Pakistan. J'ajoutais qu'il n'y avait qu'un seul endroit au monde où il serait à l'abri d'une attaque américaine et c'était La Mecque. Son exécution à Abottabad par les forces spéciales américaines a confirmé la justesse de mon analyse.

