ACTIVITÉ DE VOS AMIS

    La chronique de Normand Lester

    Au Québec, on aime nos politiciens corrompus!

    Tony Tomassi, lorsqu'il était encore député. (Photo: Presse Canadienne)Dès qu’un fonctionnaire ou qu’un policier provincial ou municipal est accusé de corruption, il est suspendu de ses fonctions. Curieusement, la loi ne prévoit pas la même procédure pour les élus. Le maire de Mascouche Richard Marcotte en profite pour rester en poste et collecter son salaire tant qu’il ne sera pas déclaré coupable par un tribunal des accusations de fraude, d'actes de corruption et d'abus de confiance qui pèsent contre lui.

    Richard Marcotte est maire depuis 16 ans et les allégations de corruption à son sujet circulent depuis une bonne dizaine d’années. Il faut constater qu’elles ne l’ont pas empêché de se faire réélire. La dernière campagne électorale municipale s’est faite en grande partie sur son honnêteté et les citoyens de Mascouche ont majoritairement choisi de le conserver comme maire. Ils ont estimé qu’ils ont besoin comme maire d’un homme avec ses excellentes relations: Tony Accurso, son associé Normand Trudel, le premier ministre Jean Charest…

    Ce qui m’amène à l’ancien ministre libéral, Tony Tomassi, rejeton d’une famille italienne influente et proche du premier ministre Charest. Il a continué à recevoir son salaire de député, 86 242 $, pendant 2 ans sans accomplir la moindre fonction parlementaire avant de démissionner. Tomassi fait face à des accusations de fraude et d’abus de confiance. Je suis convaincu que s’il avait décidé de se représenter dans Lafontaine, ses électeurs l’auraient facilement réélu.

    À Montréal, des allégations de corruption détaillées dans des reportages à la télévision et dans des journaux ont circulé avant la dernière campagne électorale contre le maire Tremblay. Qu’à cela ne tienne, les électeurs l’ont réélu.

    Le fait d’élire des politiciens malpropres n’a jamais autrement gêné les Québécois tout au long de leur histoire politique qui a toujours baigné dans le maquignonnage et la prévarication.

    Le gouvernement libéral de Louis-Alexandre Taschereau gouverne le Québec de 1920 à 1936. Les journaux détaillent, année après année, des cas de malversations. Les électeurs votent quand même pour les libéraux. Il est finalement chassé du pouvoir par un nouveau parti, l’Union Nationale de Maurice Duplessis, qui présidera à l’un des gouvernements les plus corrompus de notre histoire. Élu à plusieurs reprises, il dirigera le Québec de 1936 à 1960, avec un hiatus de 1939 à 1944. Encore une fois les électeurs ne semblent pas préoccupés outre mesure par la magouille généralisée qui marque sa gouvernance.

    Quant à Montréal, elle a toujours été l’une des villes les plus corrompues du Canada. Qu’il suffise de citer le nom du maire Camilien Houde, qui érige la corruption en système, et le titre du célèbre livre de Pacifique Plante «Montréal sous le règne de la pègre» qui décrit l’état de turpitude de la ville dans les années 40 et 50.

    On semble au Québec s’accommoder assez facilement d’être dirigé par des canailles et des pourritures. Regardez le gouvernement Charest. Son niveau de corruption atteint facilement et dépasse probablement ceux des gouvernements Tachereau et Duplessis par sa généralisation et sa notoriété. La démonstration de sa vénalité est quotidienne dans les médias depuis plus de trois ans.  Les scandales se bousculent à la une des journaux. Les liens de ses membres avec la mafia sont exposés. 

    Pourtant les sondages montrent qu’il se porte assez bien malgré le raz-de-marée de saleté qui le submerge. Une partie significative de l’électorat s’apprête à lui donner son appui pour la protéger de la chienlit et de la rue. Les Anglo-ethniques vont aussi voter massivement et automatiquement pour lui.

    Avec un peu d’aide des fédérations étudiantes et de l’extrême gauche qui vont reprendre du service au mois d’août, le Québec a de bonnes chances de réélire l’une des pires gangs de pourris de son histoire.