Les États-Unis, le Canada et la Grande-Bretagne ont annoncé une série de nouvelles sanctions contre le régime de Téhéran pour le contraindre à arrêter son programme militaire de recherches nucléaires.
Ces sanctions ciblent les exportations de pétrole, l'industrie pétrochimique iranienne et les entreprises impliquées dans les activités d'enrichissement nucléaire. Elles visent également le système bancaire iranien. Washington et ses alliés doivent être extrêmement prudents avec les sanctions touchant les exportations de pétroles iraniens et les opérations bancaires qui y sont liées. Cela pourrait accroitre le prix du pétrole et entraver la reprise économique américaine avec tout ce que cela implique pour l'économie mondiale.
Après trois décennies, les États-Unis ont utilisé à peu près tous les outils possibles pour contraindre ou pénaliser le régime iranien. Sans grand succès. Les exportations d'énergie de Téhéran en Asie ont largement compensé les sanctions de l'ONU et les autres pénalités appliquées par l'Union européenne. Comme les principaux partenaires iraniens dans les domaines ciblés, la Russie, la Chine et l'Inde n'appliquent pas les sanctions, celles-ci sont vouées à l'échec.
Avec une élection présidentielle dans moins d'un an, républicains et démocrates se livrent une concurrence de tous les instants pour convaincre les juifs américains qu'ils sont les plus déterminés à empêcher le régime iranien d'obtenir l'arme atomique.
Obama répète régulièrement que les sanctions sont la meilleure stratégie pour empêcher l'Iran d'acquérir des armes nucléaires tout en sachant très bien qu'elles sont totalement inefficaces. Il se sent également obligé de répéter que l'option du recours à la force militaire est toujours disponible même s'il sait qu'une attaque contre l'Iran ne ferait que retarder l'Iran dans le développement d'armes nucléaires. Seule une invasion du pays avec pour objectif le renversement du régime de Téhéran et l'occupation du pays pourrait empêcher le pays d'acquérir « La Bombe ».
Les gesticulations d'Obama en direction de Téhéran sont rendues nécessaires pour contrer les bravades idiotes des candidats à l'investiture républicaine qui se disent près à déclarer la guerre à l'Iran dès leur élection.
Au Canada, le gouvernement Harper, de plus en plus étroitement aligné sur Washington, a fait du nucléaire iranien la priorité de sa politique étrangère. Les nouvelles sanctions vont s'avérer aussi inefficaces que les précédentes, mais, au moins, cela va prendre du temps avant qu'on soit obligé de le reconnaître à Washington et à Ottawa. Pendant ce temps, on ne fait pas la guerre. Mais, un jour, on risque d'y arriver. Que fera alors le gouvernement Harper?
Les États-Unis et Israël peuvent compter sur le Canada pour appuyer toutes les mesures qu'ils prennent et qu'ils prendront contre l'Iran. Harper n'hésitera pas, j'en suis convaincu, à mettre les forces armées canadiennes à la disposition des États-Unis pour attaquer l'Iran si jamais ils en font la demande. Le Canada dirait oui dans le cas d'une action multilatérale dans le cadre de l'OTAN. Avec les conservateurs, il serait même de la partie pour une frappe américaine ou américano-israélienne.
Le Canada et Israël sont maintenant liés par un accord secret de coopération militaire dont le protocole a été signé en janvier dernier à Tel-Aviv. Lors du passage du ministre israélien de la défense Ehoud Barak à Ottawa la semaine dernière pour discuter de la question iranienne, son homologue canadien Peter MacKay, n'a pas voulu en dire davantage sur cet accord. Il s'est contenté d'affirmer : « Israël a besoin de partenaires forts et sûrs, le Canada en fait partie. J'ajouterais qu'il ne peut trouver d'allié plus inconditionnel dans le monde. »
C'est de très mauvais augure.

