Le Devoir affirme en machette que des drones Predator américains — des avions de surveillance sans pilote - vont bientôt patrouiller la frontière entre le Québec et les États-Unis. Un projet-pilote à la frontière entre le Manitoba et le Dakota du Nord s'est révélé concluant. Les Américains envisagent maintenant de l'étendre d'un océan à l'autre.
Drone américainComme cela n'est pas une nouvelle, puisque les médias suivent l'évolution de ce dossier depuis plus d'un an, le journal a décidé d'« épicer » l'affaire en rapportant que le projet « inquiète les organismes de défense des droits et libertés, qui craignent les dérapages. » Sont-ils nombreux? Il ne les énumère pas. Le Devoir ne cite que la Ligue québécoise des droits et des libertés. Son président dit qu'il trouve ça préoccupant. Il explique pourquoi : « Une famille qui vit non loin de la frontière pourrait se retrouver dans l'oeil du Predator lorsqu'elle joue dans sa piscine l'été, dans sa cour. Un homme qui prend sa balade en forêt près des lignes américaines pourrait être enregistré. » Et alors? Un avion, un hélicoptère, une personne avec une caméra pourraient faire la même chose.
Dominique Peschard trouve « dérangeant » le fait que les citoyens canadiens ne puissent rien faire contre ce type de surveillance. Mon Dieu Seigneur! Des satellites-espions avec des capteurs d'images numériques avec des résolutions aussi grandes que les Predator quadrillent le ciel depuis des décennies et collectent chaque jour des millions d'images anodines. À quand la campagne de la ligue contre les satellites-espions ?
Comme si les analystes américains allaient consacrer des heures à scruter des centaines de kilomètres carrés de territoire sur le côté canadien de la frontière pour y rechercher des images banales. Le penser est un indice de paranoïa.
Mais on comprend Peschard et sa ligue. Ils doivent continuellement trouver des choses alarmantes, angoissantes, troublantes, choquantes et dérangeantes à dire. Sinon personne ne parlerait d'eux et ils n'obtiendraient plus de subventions. En plus, dans ce cas, ils ont le prétexte d'y être incité par Le Devoir.
La population en général semble beaucoup moins préoccupée de la protection de sa vie privée que les organismes patentés des droits et des libertés comme la Ligue. On dirait même qu'elle est devenue carrément exhibitionniste.
Lisez les informations personnelles et les détails intimes de leur vie et celles de leurs proches que les gens mettent sur Facebook. Regardez les photos et les vidéos privées qu'ils partagent en ligne avec des inconnus sur Youtube et ailleurs.
Les agences de renseignent et les services policiers n'ont pas besoin de drones Predator ou de satellites-espions pour obtenir des données sur des individus qui, pour une raison ou une autre, deviennent des « sujets d'intérêt ».
Mais c'est moins vendeur de parler de Facebook, Youtube et compagnie comme sources de renseignements confidentiels que de dire aux gens qu'ils vont être sous la surveillance de drones américains Predator comme ceux qui bombardent le Pakistan et l'Afghanistan.
La réalité est qu'il n'y avait pas là grand nouvelle et que le journaliste a fait appel a un groupuscule spécialisé pour des déclarations « préoccupantes » afin de rehausser l'intérêt de l'article. C'est une technique journalistique vieille comme le métier lui-même.
Pour faire peur au monde et rendre les gens paranos, à la Ligue, y sont parfaits!
