ACTIVITÉ DE VOS AMIS

    Info-Graphique

    Primeur: Martineau se trompe!

    Le titre de ce billet comporte de l'ironie.

    Dans sa dernière livraison, le chroniqueur «autonome»  du Journal de Montréal, Richard Martineau, flatte encore une fois son employeur dans le sens du poil en ressortant ses vieilles rengaines contre Gesca (éditeur de La Presse, entre autres).

    Dans une chronique intitulée Le bal des hypocrites, il mentionne la tenue prochaine d'un atelier concernant la «place démesurée [de Quebecor] sur l'échiquier médiatique» au congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ).

    Avec son franc-parler prévisible, il tente de faire croire à ses lecteurs que la place l'empire Gesca sur l'échiquier médiatique du Québec est aussi (sinon plus) «démesurée» que celle de Quebecor.

    Un sujet dont les journalistes n'abordent jamais, car, toujours selon Martineau, ceux-ci sont soumis à une supposée «loi du silence».

    Pour soutenir son argumentaire boiteux, Martineau sort un chiffre béton: «Hey, les amis : SEPT des DIX quotidiens du Québec appartiennent à Gesca !»

    Ouin, pis?

    Bien sûr, notre as du cherry picking oublie de mentionner que Quebecor possède trois des quotidiens les plus lus de la province (Le Journal de Montréal, Le Journal de Québec, 24h), mais aussi le réseau de télévision le plus regardé (TVA), une chaîne d'information continue (LCN), une vingtaine de magazines, une cinquantaine d'hebdomadaires régionaux, un hebdo culturel anglo, un bouquet de maisons d'édition ainsi qu'un portail Internet parmi les plus visités au Québec (Canoë).

    Objectivement parlant, sur l'échiquier médiatique, l'empire Gesca n'en mène pas large à côté de celui de Quebecor, n'en déplaise à Martineau.

    Cela dit, tout le monde sait que Gesca est la propriété de Paul Desmarais, patron de Power Corporation. Tout le monde sait aussi que La Presse est ouvertement fédéraliste dans ses positions éditoriales. Ce ne sont des secrets pour personne.

    Dans le cas de Gesca, les secrets se trouvent plutôt dans ses états financiers, que Power cache jalousement pour des raisons de «concurrence». Yves Michaud et le Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires tentent de forcer Power à dévoiler ces chiffres, sans succès. La Cour d'appel a rejeté la requête au début du mois de septembre. Du coup, on ignore toujours si Gesca est rentable. Si on découvrait que la filiale de Power ne l'était pas, les actionnaires pourraient en exiger la vente.

    Mais on s'égare. De toute façon, empire pour empire, celui de Quebecor est drôlement plus pesant au Québec. Et il est influent.

    Car, contrairement à ce qu'avance ce sac à blagues de Martineau, les médias de Quebecor ne font pas que «publier des textes sur Star Académie» ou des «photos de Wilfred LeBouthiller en page 3». La convergence autour des talents Catelli, ce sont de vieilles nouvelles.

    Désormais, Quebecor converge aussi idéologiquement.

    Les idées de la droite économique prennent de plus en plus racine dans les médias de Pierre Karl Péladeau. Voilà qui est nouveau. C'est bon, c'est mauvais? Je l'ignore.

    Mais à mon avis, le sujet mérite qu'on en débatte dans le cadre d'un Congrès de la FPJQ.