ACTIVITÉ DE VOS AMIS

    Info-Graphique

    La vedette vous répond!

    Je me souviens d'une époque où j'étais encore impressionné par la célébrité.

    C'était autour de 1997. Je venais de regarder un épisode d'Un gars, une fille, l'émission-culte écrite (et jouée) par Guy A. Lepage. J'avais adoré.

    Tout naïvement, je m'étais donc rendu sur le site de l'émission pour faire parvenir mon appréciation à l'ex-RBO.

    Quelques minutes plus tard, Guy A. Lepage me répondait. Oui! Le « beau » de RBO, celui dont les niaiseries hebdomadaires avaient bercé mon enfance... Ce gars-là m'écrivait, à moi, simple quidam!

    J'étais ému.

    J'ai conservé le courriel de Guy A. pendant longtemps, dans un dossier de mon logiciel de messagerie intitulé « Célébrités ».

    Au fil des ans, j'ajouterai à ce dossier plusieurs autres courriels de vedettes. Michel Rivard, Arlette Cousture (auteure des Filles de Caleb), le grand Pierre Maisonneuve, François Avard, Passe-Partout, Martin Petit, Guy Nantel, Renée-Claude Brazeau...

    Jusqu'au jour où la célébrité cessera de m'émouvoir.

    *

    Jusqu'à présent, la célébrité était accompagnée d'un adjectif : inaccessible.

    Quand j'étais jeune, le seul moyen de s'approcher un peu d'une célébrité, c'était d'écrire une lettre enflammée au fan-club de ladite vedette. On pouvait alors espérer recevoir une photo autographiée par la poste.

    L'inaccessibilité des étoiles leur conférait une aura quasi mythique.

    C'est du passé tout ça.

    *

    Sentez-vous comme moi les profondes mutations qui bouleversent le merveilleux monde des vedettes?

    Un message de Guy A. ne m'émeut plus aujourd'hui.

    Sur Twitter, il me parle plusieurs fois par semaine (à moi et à ses 37 800 abonnés). Je peux réagir à ses gazouillis, et il risque fort de me répondre. C'est arrivé à quelques reprises et j'ai trouvé cela beaucoup moins exceptionnel qu'en 1997.

    Les vedettes sont plus accessibles que jamais. En particulier au Québec, où le star-system est grand comme ma main. Cela dit, même certaines superstars américaines nous informent de leurs moindres déplacements sur Twitter. C'était impensable voilà quelques années seulement.

    La distance entre les vedettes et les mortels que nous sommes se réduit sans cesse.

    Aujourd'hui, on encourage même les célébrités à tisser des liens fréquents avec le public.

    La Presse nous apprenait cette semaine que la forte présence du « gros cave » Jean-François Mercier sur Facebook a pesé en sa faveur lorsque V l'a engagé comme « king » de sa nouvelle chaîne.

    Avec ses 140 000 abonnés à sa page de fans sur Facebook, Mercier est l'exemple parfait de cette nouvelle génération de vedettes accessibles.

    D'autres célébrités choisiront sans doute cette voie. Certains le font déjà.

    Quelques-uns, en revanche, feront exactement l'inverse. À l'ère des médias sociaux, ils se rendront encore plus inaccessibles.

    Au Québec, plusieurs de nos artistes les plus aimés et respectés du public se démarquent par leur absence quasi complète des médias sociaux.

    C'est le cas de Roy Dupuis, Michel Côté, Louis-José Houde, Marc Labrèche et j'en passe. Chroniqueur-vedette de La Presse, Pierre Foglia ne twitte pas. Chez les écrivains, Marie Laberge et Patrick Sénécal ne partagent pas leurs états d'âme avec la communauté en ligne. Et pendant que Coeur de pirate nous apprend que son ordi fait des siennes sur Twitter, c'est le silence radio du côté de Pierre Lapointe.

    En boudant les médias sociaux, ces artistes préservent leur aura.

    Ce n'est peut-être pas une si mauvaise stratégie...

    Voir aussi...

    Privacy is the new Celebrity (Fast Company)