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    Cinq excellents films en noir et blanc

    «The Artist»C’est cette semaine qu’arrive en DVD le lauréat du meilleur film de l’année à la plus récente cérémonie des Oscars, The Artist (L’Artiste en VF). Pourquoi l’œuvre du cinéaste français Michel Hazanavicius, essentiellement produite par la France, ne s’est pas plutôt retrouvée en lice dans la catégorie du meilleur film étranger demeure un mystère. J’imagine que, lorsque le distributeur américain s’appelle Harvey Weinstein et qu’il s’agit d’un film adulé par la planète, on peut bien faire quelques exceptions…

    Si la performance de Jean Dujardin méritait amplement toutes les accolades qui lui ont été attribuées, le film lui-même m’est paru quelque peu… surévalué. Non pas que ne n’aie éprouvé aucun plaisir devant cette reproduction à la fois fidèle et admirable du cinéma muet, truffée de jolis clins d’œil et de bons sentiments. Toutefois, le superbe Hugo de Martin Scorsese, qui lui aussi s’aventurait sur le terrain nostalgique des débuts du septième art, méritait tout autant la fameuse statuette.

    Quoi qu’il en soit, question de souligner l’arrivée de ce film dont les couleurs se constataient non pas à l’écran, mais dans le jeu des personnages, voici cinq des meilleurs films en noir et blanc produits au cours des trente dernières années (et des poussières):

    Schindler’s List (1993): En est-on vraiment surpris? En privilégiant le monochrome afin de refléter les images documentées lors de cette triste page de notre histoire, Spielberg a produit une œuvre immortelle et criante de vérité. L’unique touche de rouge, associée à la robe de la fillette, a eu plus d’impact que n’importe quelle effusion de sang.

    Raging Bull (1980): Ce qui fait surtout rager critiques et cinéphiles à ce jour, c’est que ce chef-d’œuvre signé Scorsese (encore lui), considéré presque unanimement comme étant le meilleur film de la décennie, a vu l’Oscar du meilleur fil lui glisser entre les doigts… aux mains d’Ordinary People, de Robert Redford.

    Polytechnique (2009): Le défi de produire à l’écran un tragique événement que les Québécois avaient encore à fleur de peau en était un de taille, que Denis Villeneuve a su relever avec brio. L’usage du noir et blanc a contribué à dépeindre les atrocités avec une certaine retenue.

    Manhattan (1979): L’autre chef-d’œuvre de Woody Allen après Annie Hall. Une lettre d’amour à la ville préférée du cinéaste, celle-ci prodigieusement mise en valeur (certains diront trop épurée) par une image monochromatique d’une beauté infinie.

    Ed Wood (1994): Il faut croire que certains cinéastes considèrent le passé comme étant indissociable du noir et blanc, puisque c’est ici au tour de Tim Burton, dans l’une de ses meilleures réalisations avec sa muse Johnny Depp, d’y avoir recours pour raconter la vie et la carrière de celui que l’on considère à ce jour comme étant le pire cinéaste de l’histoire.

    EN VIDÉO | Les sorties DVD de la semaine: