Le vice-premier ministre turc, Bülent Arinç, a indiqué lundi qu'un autre avion, un CASA CN-235 de recherche et de sauvetage, a été la cible des tirs de l'armée syrienne.
L'avion participait aux recherches des deux pilotes de l'avion de chasse F-4 abattu par des tirs de l'armée syrienne vendredi.
« Un de nos avions CASA s'est envolé avec une équipe d'aide. Malheureusement, des tirs venant du sol ont visé notre avion CASA. Notre ministère des Affaires étrangères et notre état-major ont appelé les autorités syriennes et ce harcèlement a immédiatement cessé », a déclaré M. Arinç.
« On peut parler d'un harcèlement de courte durée contre notre avion », a ajouté M. Arinç, qui est aussi le porte-parole du gouvernement
Le vice-premier ministre a également précisé que la destruction du F-4 « ne restera pas impunie ».
Le vice-premier ministre a cependant ajouté: « Tout ce qui se révélera nécessaire de faire le sera dans le cadre du droit international. Nous n'avons aucunement l'intention de faire la guerre à quiconque. Telle n'est pas notre intention », a-t-il martelé à l'issue d'un conseil des ministres qui a duré sept heures.
La Turquie compte la deuxième plus grande armée de l'OTAN après celle des États-Unis. L'alliance atlantique doit d'ailleurs se réunir à Bruxelles mardi, à la demande d'Ankara, pour discuter de l'incident.
La Syrie a expliqué son acte en affirmant que l'avion de chasse turc avait violé sa souveraineté territoriale et a mis en garde Ankara et l'OTAN contre d'éventuelles représailles.
La défense antiaérienne syrienne a dû « réagir immédiatement » face à l'avion de l'armée de l'air turque qui volait à 100 m d'altitude dans l'espace aérien syrien, a dit le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, Djihad Makdissi.
Entre-temps, les États-Unis ont exprimé leur solidarité à la Turquie estimant que la destruction de l'appareil avait été un acte délibéré.
Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont lancé lundi un appel au calme à la Turquie.
« Nous sommes très préoccupés par ce qui s'est produit et très préoccupés pour la famille des deux pilotes qui sont portés disparus », a déclaré Catherine Ashton, haute représentante de l'UE pour la politique étrangère.
Plusieurs pays occidentaux, États-Unis et France en tête, se sont mobilisés dans cette crise, jugeant l'incident « inacceptable ».
Ces événements surviennent alors que s'intensifient la répression et les combats entre l'armée et les rebelles en Syrie. Dimanche, les violences auraient fait au moins 91 morts, dont 59 civils, selon l'observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé à Londres.
La télévision publique turque rapportait lundi qu'un général syrien, plusieurs hauts gradés et 33 soldats avaient abandonné l'armée syrienne et étaient arrivés en Turquie. La chaîne privée CNN en Turquie faisait état de 224 défections.
La Turquie héberge dans le sud du pays plus de 33 000 réfugiés syriens, ainsi que la direction de l'Armée syrienne libre (ASL), fondée par des déserteurs de l'armée régulière, et les réunions du Conseil national syrien (CNS), la principale coalition de l'opposition syrienne.
Radio-Canada.ca avec AFP et Reuters


