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    Avalanche au Népal: les recherches suspendues

    Les recherches pour retrouver le cardiologue québécois Dominique Ouimet et deux alpinistes français, disparus la veille dans une avalanche sur le mont Manaslu, au Népal, ont de nouveau été suspendues lundi matin.

    Les recherches avaient auparavant permis de retrouver cinq personnes, plus tôt lundi matin, dans l'une des pires catastrophes des dernières décennies à survenir dans l'Himalaya.

    L'avalanche a fait neuf morts dont:

    • 4 Français
    • 2 Allemands
    • 1 Espagnol
    • 1 Népalais

    «Nous avons désormais arrêté les opérations de recherche par hélicoptère. Deux Français et un Canadien sont toujours portés disparus. Des sherpas sont à leur recherche dans la montagne», a précisé Basanta Bahadur Kunwar.

    Moins optimiste, le syndicat des guides français a estimé qu'il n'y avait plus d'espoir de retrouver des survivants.

    Une dizaine de personnes ayant survécu à l'avalanche ont été secourues. Parmi eux figure Greg Hill, un Canadien de Revelstoke, en Colombie-Britannique. Ce dernier se trouvait au-dessus du campement lors de l'avalanche et n'a pas été blessé. Ces alpinistes pourraient reprendre leur ascension.

    Des survivants témoignent

    «On dormait dans nos tentes après le dîner quand tout à coup, on a entendu hurler des alpinistes. Et tout de suite après, on a été frappé par une avalanche», a raconté un des survivants allemands, Andreas Reiter, qui a eu le dos brisé dans l'avalanche. «J'ai vu un membre de l'équipe mourir», a-t-il confié depuis son lit d'hôpital à Katmandou.

    L'homme de 26 ans, qui peut tout de même parler, bouger ses bras et ses jambes, faisait partie du groupe d'alpinistes occidentaux qui dormaient au camp de base numéro 3.

    «C'était un énorme, énorme accident [...]. Il y avait 25 tentes au camp numéro trois et toutes ont été détruites», a témoigné un alpiniste américain de 48 ans Glen Plake. Ce dernier était en train de lire dans sa tente au camp de base numéro 3 lorsque lui et son camarade de chambrée ont entendu un rugissement. «Greg m'a regardé en disant: "c'était une énorme rafale de vent", et la seconde d'après: "non, c'était une avalanche".»

    «L'avalanche est ensuite arrivée sur nous. J'ai été emporté et ai dévalé la montagne sur 300 m et quand ça, c'est arrêté, j'étais toujours dans mon sac de couchage, toujours dans la tente, avec ma lampe frontale.»

    Dominique Ouimet porté disparu

    Un guide travaillant pour l'organisation responsable de l'expédition et la soeur du médecin québécois, Isabelle Ouimet, ont confirmé que le cardiologue était pour l'instant porté disparu.

    En entrevue sur les ondes de RDI, Isabelle Ouimet a indiqué qu'au départ, elle ignorait que l'équipe de son frère avait été touchée par l'avalanche, plusieurs groupes se trouvant simultanément sur la montagne. «Dans leur équipe, un des guides est décédé et un autre a été emmené à l'hôpital», a-t-elle raconté.

    L'avalanche a frappé le campement situé à 7000 mètres alors que les membres du groupe se préparaient pour l'ascension du sommet, qui culmine à 8163 mètres.

    Selon Mme Ouimet, son frère s'était rendu au camp numéro trois du mont Manaslu, situé à 6800 mètres d'altitude. «Les tentes, semble-t-il, sont disparues parce que l'avalanche y est passée», a-t-elle précisé.

    Dimanche soir, Mme Ouimet ne cachait plus son désarroi devant le peu d'informations qui filtraient des autorités.

    «J'aimerais que quelqu'un de l'organisation prenne la peine de nous donner des nouvelles. Personne n'est entré en contact avec la famille de Dominique Ouimet. J'ai eu des entrevues téléphoniques à la radio et à la télévision canadienne. J'en ai encore demain. Je devrai être honnête et leur dire les faits: on se sait pas qui est en charge des recherches, comment se font les recherches, quelles démarches ont été entreprises jusqu'à maintenant. Après le choc, la colère monte. Les heures sont comptées», a-t-elle écrit sur sa page Facebook.

    Par ailleurs, une porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères, Chrystine Roy, ne pouvait confirmer dimanche soir la disparition du médecin, se contentant de dire que des représentants du ministère étaient en contact avec les autorités népalaises.

    Le Dr Dominique Ouimet, cardiologue à l'Hôpital régional de Saint-Jérôme, a parlé de sa participation à l'expédition plus tôt cette semaine à l'émission C'est bien meilleur le matin.

    Le Dr Ouimet est un passionné d'alpinisme. Il en est à sa 9e expédition en 8 ans. Il avait atteint son record d'ascension cet été en Bolivie, soit 6500 mètres. Il voulait le battre avec l'ascension du mont Manaslu, le huitième plus haut sommet du monde avec ses 8156 mètres.

    Le cardiologue menait cette expédition avec le groupe Expés.com en compagnie de plusieurs Européens. Il voulait mettre «sa passion au service de sa profession» et espérait amasser 25 000 $ au nom de la Fondation de l'Hôpital régional de Saint-Jérôme pour l'achat d'appareils servant à diagnostiquer les problèmes d'arythmie cardiaque.

    Des recherches difficiles et périlleuses

    Bernard Voyer, explorateur et alpiniste depuis plus de 30 ans, croit de son côté qu'il est encore possible de retrouver le Dr Ouimet. «On n'a pas de nouvelles, mais il n'a peut-être pas son walkie-talkie ou son téléphone satellite», a-t-il déclaré.

    M. Voyer a précisé que les hélicoptères peuvent difficilement se rendre à 7000 mètres d'altitude, ce qui complique les recherches. Les zones d'avalanches peuvent s'étendre sur une largeur allant jusqu'à 400 mètres, a-t-il ajouté, et sont recouvertes de tonnes de neige. Selon lui, ce qui peut être mortel est le souffle de l'avalanche, qui transporte une grande quantité de particules de neige pouvant causer une mort similaire à la noyade.

    Le 4e sommet le plus dangereux au monde

    Selon l'alpiniste Maxime Jean, le mont Manaslu est le 8e sommet du monde et le 4e en termes de dangerosité, notamment en raison des risques d'avalanche qui y sont très élevés, voire quotidiens.

    Même s'il est possible de détecter des signes précurseurs d'une avalanche prochaine - par la température, le degré d'inclinaison de la pente et le type de neige - le Manaslu est situé dans une région plus isolée que l'Everest, poursuit-il. Les secours, qui arrivent à pied, prennent donc beaucoup plus de temps à atteindre la zone de l'avalanche. Les chances de survie deviennent ainsi plus minces, car si l'alpiniste n'est pas blessé, il doit aussi combattre le froid pendant de longues heures, conclut M. Jean.

    Selon les autorités, l'avalanche de dimanche est l'une des pires catastrophes des dernières décennies dans l'Himalaya. En 1995, au moins 42 personnes, dont 17 étrangers, avaient perdu la vie dans le secteur de l'Everest.

    Radio-Canada.ca avec Associated Press, AFP et Reuters