Les Terriens ont eu droit à un spectacle rare mardi. Ils ont pu observer la planète Vénus traverser le disque du Soleil alors qu'elle passait directement entre la Terre et son étoile.
Partout sur la planète, des chercheurs et des curieux ont tourné la tête vers le phénomène, munis de lunettes protectrices.
À Québec, une soixantaine d'amateurs d'astronomie l'ont observé sur les plaines d'Abraham.
Ces passages se produisent en séquences de deux. Le dernier duo a été observé en 1874 et 1882. Celui que nous avons pu voir le 5 juin est le deuxième de sa séquence, le premier avait été vu en 2004. Les prochains passages sont prévus en 2117 et 2124.
Par comparaison, il y a 13 ou 14 passages de Mercure par siècle et le même nombre par millénaire pour Vénus.
Notre fiche consacrée à la planète voisine de la Terre.
Vénus est la deuxième planète dans l'ordre de distance à partir du Soleil. Son orbite est donc plus petite que celle de la Terre. La Terre prend 365 jours pour effectuer une révolution autour du Soleil alors que Vénus ne met que 225 jours à compléter la sienne.
Ainsi, tous les 584 jours en moyenne, Vénus repasse entre le Soleil et la Terre. Généralement, la planète se trouve au-dessus ou en dessous du Soleil, parce que son orbite est inclinée par rapport à celle de la Terre.
Toutefois, rarement, l'alignement survient au début de juin ou de décembre et Vénus glisse directement devant le disque de notre étoile.
La première phase du passage est la plus intéressante. La silhouette de Vénus met un peu plus de 17 minutes à franchir le bord du Soleil. À Montréal, les contacts 1 et 2 se sont produits respectivement à 18 h 03 et à 18 h 21 À ce moment, le Soleil se trouvait à un peu plus de 20 degrés en hauteur.
Au moment de son passage devant la surface solaire, Vénus est apparue comme une tache noire parfaitement ronde. Elle mesurait environ 1/32e de la taille du Soleil.
Il a donc été possible de voir la planète à l'oeil nu. Les observateurs ont toutefois dû utiliser des lunettes protectrices spéciales conçues et homologuées pour l'observation du soleil ou encore des verres de soudeur No 14, en vente dans les quincailleries.
C'est l'astronome Johannes Kepler qui a effectué les premières prédictions de passage de Vénus.
L'événement est l'occasion de vérifier les techniques d'observation des exoplanètes lointaines passant devant leur étoile.
Par exemple, les scientifiques peuvent effectuer des mesures de l'atmosphère de Vénus durant son passage. Ils pourront ensuite les comparer avec des mesures similaires d'exoplanètes passant devant leur étoile. Ils pourront comparer les résultats sachant que, dans le cas de Vénus, ils sont exacts.
Des séances publiques d'observation du passage de Vénus sont organisées un peu partout au pays. Le site du planétarium de Montréal en répertorie plusieurs. Elles seront annulées en cas de mauvais temps. Deux sites de la NASA permettront de suivre l'événement en direct.
De nombreux télescopes et plusieurs sondes ont tenté de bien capter un phénomène observé en détail pour la première fois lors du dernier passage en 2004 : l'arc de Vénus.
Lumineux et incandescent, il apparaît autour du bord de Vénus au moment ou la planète se déplace devant la surface de l'étoile. Certains observateurs l'avaient comparé à un anneau de feu.
Certains astrophysiciens expliquent le phénomène ainsi : lorsqu'elle est rétroéclairée par le Soleil, l'atmosphère de Vénus réfracte la lumière qui passe à travers les couches supérieures de nuages, ce qui cause le phénomène.







