Les quatre travailleurs humanitaires étrangers qui étaient retenus en otage en Somalie, après avoir été enlevés au Kenya vendredi dernier, ont été secourus par les soldats de l'armée somalienne. Parmi eux se trouve la Gatinoise Qurat-Ul-Ain Sadazai, une Pakistano-canadienne âgée de 38 ans.
Un autre Canadien, de Toronto, Steven Dennis, a aussi été libéré. Les deux autres travailleurs sont un Norvégien, Astrid Sehl, et un Philippin, Glenn Costes.
« Ils sont en sécurité, entre nos mains. Ils ont été libérés. [...] Ils sont épuisés, ils ont marché longtemps et ont des ampoules, et l'un des travailleurs humanitaires a été blessé par balle à la jambe, mais à part ça, ils sont en bonne santé », a indiqué à l'AFP le porte-parole de l'armée kényane, Cyrus Oguna.
Les otages « ont été libérés lors d'une opération commune des forces kényanes et somaliennes au cours de laquelle l'un des ravisseurs a été tué », a-t-il précisé.
L'organisation non gouvernementale pour laquelle ils travaillaient a également confirmé leur libération, précisant que leurs familles en avaient été informées.
Les quatre personnes travaillaient toutes pour le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC). Ils avaient été enlevés par des hommes armés dans l'attaque d'un convoi du NRC dans le camp de réfugiés de Dadaab, dans l'est du Kenya, près de la frontière avec la Somalie.
Le complexe de Dadaab, le plus grand du monde avec ses quelque 465 000 réfugiés, est habité essentiellement par des Somaliens fuyant, depuis plus de 20 ans, les violences de la guerre civile et les sécheresses chroniques qui sévissent dans leur pays.
Ses camps sont réputés pour leur insécurité, et la plupart des organisations humanitaires qui y sont installées se déplacent sous escorte.
En octobre dernier, deux Espagnoles travaillant pour Médecins sans frontières (MSF) ont été enlevées dans l'un des camps de réfugiés du complexe.
Leur chauffeur kenyan avait été grièvement blessé par balle avant d'être jeté hors du véhicule. Les employées ont été emmenées en Somalie où elles sont toujours retenues en otages.
L'enlèvement avait poussé le Kenya à mener des raids sur deux bases militaires des Shabab, milices somaliennes qu'il estime responsables d'attaques et d'enlèvements sur son territoire.
Certaines régions de la Somalie sont contrôlées par les Shabab, qui veulent renverser le gouvernement de transition du président Sharif Cheikh Ahmed, soutenu par la communauté internationale.
Les milices interdisent notamment depuis 2009 l'accès de leur territoire aux agences onusiennes et à de nombreuses ONG.
Radio-Canada.ca avec AFP et Reuters


