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    Agriculture - Les boues usées sur des terres agricoles : une pratique controversée

    L'épandage de boues usées sur les terres agricoles est une pratique de plus en plus répandue au Québec. Cet usage suscite toutefois de nombreux débats dans certaines régions.

    C'est le cas notamment dans la MRC du Haut-Saint-Laurent, dans le sud-ouest de la province, qui se bat pour empêcher l'épandage de ces boues, transformées en fertilisant. Elle a adopté un règlement visant à interdire l'importation des boues septiques, car elle craint de devenir la poubelle du Québec.

    Ce règlement de la MRC doit encore recevoir l'assentiment de Québec, ce qui est loin d'être acquis, car le gouvernement recommande cette pratique depuis 2004, sauf pour des cultures destinées à l'alimentation humaine.

    « Même si les boues municipales contiennent certaines traces de composés qui, concentrés, seraient toxiques, les quantités sont tellement faibles que ça n'a aucun impact mesurable sur les organismes du sol », affirme l'agronome Marc Hébert du ministère de l'Environnement.

    Que sont les boues usées?

    Ce terme réfère aux déchets issus de la filtration des eaux usées dans les usines de traitement de l'eau. Composé de tout ce qui sort des toilettes, des laveuses et des lave-vaisselle, ce résidu était jusque dans les années 90 jeté dans le fleuve Saint-Laurent. Il est maintenant presque totalement séché et enfoui dans les dépotoirs du Québec.

    Au Québec, ce type d'épandage se pratique sur environ 2 % des terres agricoles. Une quinzaine de villes procèdent à l'épandage des boues d'épuration, mais Québec aimerait que, d'ici 2020, toutes les municipalités trouvent un moyen de les valoriser en évitant de les enfouir ou de les brûler.

    La municipalité de Godmanchester est l'une des municipalités de la Montérégie qui ont tenté d'interdire l'épandage de ces boues, mais qui se sont heurtées à la politique gouvernementale.

    L'Union des producteurs agricoles (UPA) recommande la prudence face à l'épandage des boues usées, mais le syndicat des producteurs laitiers de la région milite depuis plusieurs années pour l'interdire.

    « Ce sont des choses méconnues finalement. Ce que ça peut occasionner à vos sols, on ne le sait pas », affirme Maurice Montcalm, le président du syndicat des producteurs laitiers de la région Saint-Jean-Valleyfield.

    « Ça sent le fond d'égout. Si vous mettez votre tête dans un égout un jour de canicule, ça sent ça », affirme François Belpaire, un résident. « Il y a toutes sortes de cochonneries là-dedans qui sont épandues par la même occasion, dont un certain nombre ne sont pas biodégradables », ajoute-t-il.

    Certains citoyens ont fait des plaintes au ministère de l'Environnement. Le député libéral de Huntingdon, Stéphane Billette, ne fait pas la sourde oreille à leurs récriminations. « Est-ce que la réglementation est toujours adéquate? Est-ce qu'elle peut changer? Les lois, ce n'est pas statique. Il faut assurer la protection des citoyens », affirme-t-il.

    D'après des reportages de Catherine Kovacs et Étienne Leblanc

     

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