Le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, rejette l'idée d'accorder aux villes le droit de mettre leurs employés en lock-out comme le suggère le maire de Québec, Régis Labeaume.
Rappelons que la plupart des propositions du maire Labeaume concernant les relations de travail et les déficits des caisses de retraite demandent des changements législatifs. Or, le ministre Lessard commence à être agacé par le discours du maire.
« Écoutez, moi, je ne travaille pas sur cet horizon-là », a-t-il déclaré mardi après la période de questions à l'Assemblée nationale. « Je n'ai pas de scénario qui envisage cela », a ajouté le ministre Lessard. « J'ai besoin d'éclaircissements sur sa notion du lock-out. »
Le maire Labeaume a réagi à ces propos du ministre en soulignant que le droit au lock-out n'est pas une mesure sauvage ni antisyndicale. Le maire de Québec dit qu'il s'agit d'une façon de rétablir le rapport de force.
« Tu ne peux pas dire non d'emblée aux nouvelles idées. C'est de la peur de politicien, ça. Écoute, analyse, on n'a pas à dire non en partant à tout ce qu'il y a de nouveau dans notre société. Le Québec n'est pas malade pour rien », a lancé le maire Labeaume.
Par ailleurs, le maire Labeaume a prononcé mardi devant la Chambre de commerce de la Rive-Sud, à Boucherville, son discours sur les relations de travail avec les employés municipaux et les déficits des régimes de retraite. Il avait prononcé le même discours le 30 mai devant la Chambre de commerce de Québec.
Cette fois-ci, il était entouré de plusieurs maires de la Rive-Sud qui partagent les mêmes inquiétudes. « Je pense qu'il y a des choses qu'il faut regarder. Il faut améliorer et il faut bonifier l'ensemble du travail dans les municipalités », a affirmé la mairesse suppléante de Longueuil, Sylvie Parent.
Le discours du maire Labeaume a cependant reçu un accueil plutôt froid des syndiqués. À Longueuil, le déficit des régimes de retraite a atteint 109 millions de dollars en 2010. Les syndicats des policiers, des pompiers et des cols bleus, qui sont en négociation pour renouveler leurs conventions collectives, ont sursauté en entendant le maire de Québec parler du droit de lock-out pour les municipalités. Selon eux, Régis Labeaume prône un net recul en arrière.
« Je ne pense pas que ça va régler les problèmes les droits de lock-out. Ça va donner un droit supplémentaire. Non! », a lancé Daniel Duval, président de la section locale des cols blancs de la Ville de Longueuil. « Dans les années 70, il y avait d'autres lois, d'autres règlements. Ça avait été changé. Il y avait des raisons à l'époque. Alors, on regarde en avant », a-t-il ajouté.
« On trouve que c'est un discours qui manque un petit peu de recherche », a réagi David Saint-Jean, président du syndicat des pompiers de la Ville de Longueuil. « Quant au lock-out, évidemment, ça nous laisse un peu perplexes et surpris. »


