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    Affaires municipales - Les cols bleus de Québec se dotent d'un mandat de grève

    Les membres du Syndicat des employés manuels de la Ville de Québec se sont prononcés à 98 % pour la grève. Lors d'un vote secret tenu mardi soir en assemblée générale, 952 cols bleus ont choisi d'accorder un mandat de grève à leur syndicat, qui pourra être exercé au moment jugé opportun, sans doute pas avant un mois.

    Le syndicat a toutefois l'intention de minimiser les impacts pour la population. « Nous autres, ce n'est pas une confrontation avec les citoyens qu'on veut avoir. C'est un message qu'on veut passer à l'administration. C'est sûr que ce qu'on va cibler, c'est l'administration », affirme son président, Marc-André Dufour.

    Ce dernier souligne que les cols bleus de Québec n'ont pas déclenché de grève depuis plus de 25 ans. « On est équipés pour aller à la guerre et on va y aller à la guerre! », a-t-il lancé.

    Les négociations entre les 1350 membres du Syndicat des employés manuels et l'administration Labeaume sont rompues depuis la semaine dernière. C'est la découverte d'une lettre dans laquelle le directeur général de la Ville fait état de services municipaux qui pourraient être privatisés ou abolis qui a mis le feu aux poudres.

    L'annonce du congédiement de 162 cols bleus auxiliaires à quelques heures du vote crucial a aussi jeté de l'huile sur le feu. Les cols bleus auxiliaires, qui ne travaillent pas à temps plein, ont appris leur congédiement vers 16 h, après leur journée de travail. La Ville de Québec a justifié ces mises à pied en raison d'un « manque de travail ». « C'est clair que dans le contexte actuel, c'est un geste d'intimidation. C'est un manque de respect de la part de M. Labeaume », a ajouté Marc-André Dufour.

    Col bleu depuis 33 ans à la Ville de Québec, Pierre Fiset juge que l'ambiance de travail est à son plus bas. « Ça a été un vote fort. Je pense que c'est clair. Les gens sont tannés. On essaie de négocier, mais on n'a pas de réponse du côté patronal. On est rendus là. Malheureusement, c'est ça. »

    Les cols bleus soutiennent que la Ville a l'intention de les faire disparaître d'ici quelques années. Ils pourront déclencher la grève à tout moment après avoir donné un avis de sept jours.

    Mise en garde du maire

    Le maire Labeaume refuse toujours de réagir au vote des cols bleus.

    Mardi après-midi, il leur a lancé un avertissement en leur demandant de ne pas se faire manipuler par leur syndicat. « Je dirais au syndicat : "Faite attention pour ne pas créer encore plus de révolte" [...] À poser des gestes trop impulsifs, ils vont créer encore plus de révolte dans la population », a dit Régis Labeaume.

    Le maire Labeaume répète toujours que le document de travail qui a mis en colère les cols bleus ne contient que des suggestions de compressions et de privatisations de services, rien de définitif.

    Les employés manuels de Québec sont sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2010. Les négociations avec la Ville ont commencé en février 2011. Elles n'ont abouti à rien de concret.