Après l'échec de la quatrième ronde des négociations entre le gouvernement du Québec et les mouvements étudiants, la 38e manifestation nocturne s'est déroulée sous haute tension dans la métropole, mais a pris fin sans incident et dans un calme pacifique.
Les manifestations ont repris de plus belle jeudi soir tant à Montréal qu'ailleurs au Québec. Les appels à la mobilisation dans les réseaux sociaux ont d'ailleurs été plus nombreux que ceux lancés au cours des derniers jours.
En plus des étudiants, beaucoup de travailleurs et de citoyens, dont le sculpteur Armand Vaillancourt, sont descendus dans les rues de la métropole pour manifester leur mécontentement à l'égard du gouvernement de Jean Charest, qui a interrompu les négociations.
Comme à leur habitude, les étudiants et leurs sympathisants se sont rassemblés vers 20 h 30 au parc Émilie-Gamelin, point de départ des manifestations nocturnes. Une autre marche s'est ensuite mise en branle vers 21 h 30, ses organisateurs disant vouloir se dissocier du mouvement des casseroles.
En plus des bruyants tintamarres devenus quotidiens dans différents quartiers de la métropole, une troisième marche s'est également mise en branle dans Le Plateau-Mont-Royal. Les trois manifestations se sont regroupées vers 22 h 15, gonflant les rangs du cortège à plusieurs milliers de personnes.
La tension a monté une quinzaine de minutes plus tard à l'intersection des rues Ontario et Saint-Denis, lorsque les policiers ont voulu bloquer l'accès à la rue Saint-Denis en direction nord. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a de cette façon voulu éviter les dérapages survenus il y a près de deux semaines dans ce secteur.
Les manifestants se sont ensuite dispersés dans le calme et ont poursuivi leur marche. Puis, après avoir déambulé pendant des heures dans les environs des rues Sainte-Catherine, Saint-Denis, Ontario et Sherbrooke, la plupart des manifestants ont décidé de quitter la marche, casseroles à la main.
Quelques centaines de manifestants ont continué quant à eux d'arpenter les rues du centre-ville et se sont dirigés vers le Vieux-Montréal. Vêtus de noir, certains arboraient des masques et étaient suivis de près par une quinzaine de véhicules de l'escouade antiémeute.
Dans la foule, des manifestants distribuaient des pamphlets indiquant : « le 10 juin à 10 h 10, bloquons le Grand Prix » de Montréal.
À l'exception de quelques pièces pyrotechniques lancées dans les airs et d'une vitrine d'une institution financière fracassée sur la rue Notre-Dame, la manifestation s'est déroulée dans le calme et a pris fin sans incident peu avant minuit. Le SPVM a rapporté une arrestation pour voie de fait sur un policier et deux autres en vertu de règlements municipaux.
Les manifestations avaient été déclarées illégales avant même de prendre leur envol, puisqu'aucun itinéraire n'avait été fourni au SPVM. Elles étaient toutefois tolérées à condition qu'aucun geste répréhensible ne soit commis.
Ailleurs au Québec
À Québec, quelques centaines de personnes se sont rassemblées devant l'Assemblée nationale, où elles ont entamé leur manifestation plus tôt qu'à leur habitude et sans procéder au vote habituel, à savoir si elles souhaitaient divulguer leur itinéraire aux policiers.
La manifestation a donc été déclarée illégale dès son départ vers 21 h, aucun trajet n'ayant été fourni au Service de police de la Ville de Québec (SPVQ).
Vers 22 h, des projectiles ont été lancés contre les agents et une opération policière qualifiée de « musclée » par notre journaliste sur place s'est déployée. Au moins une arrestation pour agression armée a été rapportée sur la côte d'Abraham.
En plus des étudiants, des travailleurs ont aussi voulu manifester leur grogne envers l'échec des négociations. La députée péquiste Agnès Maltais s'est également mobilisée pour dénoncer l'attitude du gouvernement. À l'exception de quelques incidents, la manifestation s'est somme toute déroulée dans le calme et s'est terminée vers 23 h.
Sur les réseaux sociaux, on faisait état de rassemblements dans différentes villes du Québec, notamment à Limoilou, à Rosemère, à Granby, à Sherbrooke, à Gatineau, à Rimouski et à Longueuil. Dans l'ensemble, les manifestants se faisaient entendre dans le calme, sur fond de cris, slogans et casseroles.


