La Réserve fédérale américaine, la Fed, a annoncé mercredi qu'elle abaissait jusqu'en 2014 ses prévisions de croissance pour l'économie américaine.
La banque centrale attend maintenant une croissance de 1,9 % à 2,4 % pour 2012, soit 0,5 % de moins qu'en avril.
La Fed a de plus revu en hausse le taux de chômage qu'elle prévoit pour la fin de l'année. Celui-ci devrait se tenir entre 8 % et 8,2 %. Le taux de chômage actuel aux États-Unis est de 8,2 %. La banque centrale s'attend ensuite à une baisse graduelle du chômage, de 7,5 % à 8 % l'an prochain, et de 7 % à 7,7 % en 2014.
Une baisse des prévisions d'inflation est aussi annoncée pour 2012. Selon la Fed, l'inflation devrait être de 1,2 % à 1,7 % cette année. Elle prévoyait plutôt 1,9 % à 2 % en avril.
Pour les années à venir, la Fed estime que la croissance économique devrait être de 2,2 % à 2,8 % en 2013, contre 2,7 % à 3,1 % précédemment, et de 3 % à 3,5 % en 2014, plutôt que les 3,1 % à 3,6 % attendus.
La Fed a aussi confirmé mercredi qu'elle continuera à soutenir la reprise économique américaine, en ralentissement, dans un contexte de détérioration de l'économie mondiale, en grande partie causée par la crise européenne.
La banque centrale prolonge son « opération Twist », comme attendu par les économistes, et ce jusqu'à la fin de l'année, ce qui impliquera 267 milliards d'obligations fédérales.
Lancé le 21 septembre et prévu s'achever le 30 juin, ce programme vise à faire baisser les taux d'intérêt à long terme pour soutenir l'économie. Le principe en est simple. En échangeant des obligations américaines à court terme pour des obligations à long terme, on cherche à faire baisser les taux d'intérêt à long terme, qui sont les taux auxquels d'ordinaire les ménages et les PME se financent. Ainsi, la Fed tente d'encourager les gens à dépenser davantage, et les entreprises à emprunter pour investir plus.
Le maintien jusqu'à la fin de 2014 du taux directeur de la Fed dans la fourchette de fluctuation de 0 % à 0,25 %, qui lui est assignée depuis trois ans et demi, a aussi été reconfirmé.
Lors d'une conférence de presse qui a suivi l'annonce de la Fed, Ben Bernanke, président de la banque centrale, a réaffirmé être prêt à prendre des mesures supplémentaires pour soutenir l'économie et stimuler le marché de l'emploi si nécessaire, tout en disant que la politique monétaire n'était pas la panacée.
Wall Street a terminé en légère baisse mercredi, ce qui laisse croire que les investisseurs sont déçus que la banque centrale n'en ait pas fait davantage.
Ainsi, l'indice Dow Jones a cédé 0,1 %, soit 12,94 points, à 12.824,39. Le S&P-500 a perdu 2,29 points, soit 0,17 %, à 1.355,69. Le Nasdaq Composite a en revanche pris 0,69 point, ou 0,02 %, à 2.930,45.
Radio-Canada.ca avec AFP, Associated Press et Reuters


