François Legault abolira la moitié des crédits d'impôt aux entreprises s'il devient premier ministre du Québec.
Au dixième jour de la campagne qui l'a mené à Saint-Célestin, dans le Centre-du-Québec, le chef de la CAQ a déclaré que le gouvernement donnait parfois des crédits d'impôt à des entreprises qui n'investissent pas véritablement en recherche et en développement, alors que cela devrait être conditionnel à ces crédits, juge-t-il.
Actuellement, le Québec est la province qui offre le plus de crédits d'impôts aux entreprises, évalue la CAQ. « Il y en a pour 4 milliards de dollars par année. Pourtant, le Québec a beaucoup moins d'investissements des entreprises, toute proportion gardée, [...] que les autres provinces canadiennes ».
Les 2 milliards de dollars économisés grâce à la réduction des crédits d'impôt seraient ainsi renvoyés vers Investissement Québec pour favoriser la création d'emplois « à 20 $, 30 $, 40 $ de l'heure », soutient la CAQ, opposant sa politique à celle des libéraux, qui se contentent de créer des emplois à 10 $, dit-elle.
« Évidemment, il y a certaines industries qui profitent de certains crédits d'impôt qui ne seront pas contents », admet le chef de la CAQ, se vantant de poser un geste audacieux. « Ça va déplaire à ceux qui sont habitués à recevoir leur p'tit crédit d'impôt », dit-il. Mais il assure avoir l'appui de la majorité des entrepreneurs et celui des représentants patronaux.
Les crédits d'impôt doivent absolument permettre aux entreprises d'améliorer leur productivité, dit M. Legault, afin que celles-ci créent des emplois « plus payants ».
La CAQ propose aussi de centraliser tous les services offerts aux investisseurs à Investissement Québec pour faciliter la vie des entrepreneurs locaux ou étrangers qui tentent d'obtenir du financement.
Le parti s'engage par ailleurs à créer un cours d'entreprenariat au secondaire, pour « donner le goût de risque aux jeunes ».
Lors de la conférence de presse qui était axée sur l'économie, le chef de la CAQ a estimé que la province devrait cesser d'exploiter de l'amiante, puisqu'il « semble y avoir un danger réel » à son utilisation, dit-il, s'étonnant que le gouvernement ait offert un prêt direct de 58 millions de dollars pour la relance de la mine Jeffrey à Asbestos.
Cela donne l'impression, selon lui, qu'aucune banque ne voulait accoler son nom à celui d'une mine d'amiante chrysotile.
La formation de François Legault arrive troisième dans deux sondages publiés vendredi par le quotidien Le Devoir et par Crop-La Presse, mais le chef caquiste ne s'en formalise pas, recommandant la prudence. « Dans les deux sondages, dit-il, il y a des résultats différents ».
Selon le sondage du quotidien Le Devoir, la CAQ arrive troisième avec 27 % des intentions de vote. Cela représente pour le parti une progression de six points.
Le sondage Crop-La Presse lui attribue quant à lui 21 %.
Le Parti québécois arrive en tête dans les deux sondages, avec 32 % des voix. Dans Le Devoir, il est suivi de près par le Parti libéral, avec 31 %, mais dans le sondage Crop-La Presse, les libéraux performent moins bien, avec 29 % des voix anticipées.
François Legault assure que l'important, pour lui, demeure de « faire connaître son programme ». Il n'a pas eu beaucoup l'opportunité de présenter ses propositions au cours des derniers mois, se défend-il, parce que l'attention était concentrée sur le débat des frais de scolarité.
N'empêche, selon le PQ et le PLQ, la CAQ a largement eu l'occasion de faire des promesses ces derniers temps. Les deux partis se moquent de concert des promesses caquistes, vendredi, les jugeant nombreuses et déraisonnables.
Jean Charest parle de François Legault comme d'un gauchiste et affirme qu'il « joue au casino » avec l'argent des contribuables avec ses promesses.
De son côté Pauline Marois considère que ses promesses sont irréalistes et « broche à foin ».
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