Après deux semaines et demie de campagne électorale, Radio-Canada.ca a rencontré des électeurs des circonscriptions de Chambly et de Saint-Jean, le long de la rivière Richelieu. Que retiennent-ils? Leur choix est-il fait?
« La campagne électorale est trop disparate », déplore Philippe Simoneau, animateur dans un camp de jour à Richelieu. « Chacun envoie des éléments accrocheurs, mais il n'y a pas d'enjeu commun, de débat pour se rallier. Je pensais que le conflit étudiant allait être au coeur de la campagne, mais finalement ce n'est pas le cas », explique-t-il.
« La plateforme électorale qui m'accroche le plus est celle d'Option nationale, mais malheureusement je ne voterai pas pour eux. Je vais probablement voter pour le PQ parce que j'ai très peur des libéraux et de la CAQ, ou même les deux ensembles dans un gouvernement minoritaire. Ils ont des idées qui ne me rejoignent pas du tout », dit-il.
À la sortie d'un dépanneur à Chambly, Raymond discute déjà de la campagne électorale avec un autre résident du coin lorsque nous nous approchons pour savoir ce qu'il en pense. « L'enjeu, c'est de reprendre le contrôle du Québec. On n'a plus le contrôle. L'histoire du Plan Nord, c'est abominable. C'est le dernier bastion du Québec et on est en train de le perdre », dénonce-t-il. « Charest et Marois, qu'est-ce qu'ils on fait? »
« La CAQ, au moins, ce sont des gens qui ont de l'intégrité. Ce sont des hommes d'affaires qui ont des capacités. Pourquoi pas? François Legault c'est un homme connaissant, un homme d'aplomb », ajoute celui qui votait précédemment pour le Parti québécois. « Ce n'est plus le temps de parler de référendum. Il est passé ce temps-là », conclut-il.
De son côté, John Loiello, un anglophone qui habite à Richemond, dit attendre les débats avant de prendre sa décision entre les libéraux et les caquistes. « Je suis plus proche des libéraux, mais je pense qu'ils sont fatigués. Ils ont besoin d'une période de repos de quatre ou cinq ans », soutient-il.
Par ailleurs, il se désole d'une campagne électorale négative qui se rapproche de plus en plus de ce qui se fait aux États-Unis. « Mais ça ne m'empêche pas de m'y intéresser! »
Depuis que le gouvernement Charest a adopté une loi pour mettre fin au placement syndicat dans l'industrie de la construction, les syndicats en veulent aux libéraux, et c'est dans ce contexte que le conflit étudiant a été instrumentalisé pour défaire le gouvernement en place, selon Jeannine, rencontrée dans un café, aux côtés d'autres d'aînés. Le groupe de six estime unanimement que le conflit étudiant a pris beaucoup trop de place au cours des derniers mois, et que la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, n'aurait pas dû porter de carré rouge pendant cette période trouble. Jacques Martel et son épouse se désolent notamment du fait que des étudiants, dont leur petit-fils, ont retardé leurs études alors qu'une minorité d'étudiants au Québec appuyaient la grève. « On est en démocratie, c'est aux élections que ça se décide », ajoute M. Martel.
Vous reconnaissez-vous dans ces électeurs?
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