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    - Élections partielles : recul important pour le PLQ, selon le politologue Alain G. Gagnon

    « Ce qu'il faut retenir de ces deux élections partielles dans Argenteuil et LaFontaine, c'est que les libéraux ont connu un recul significatif de l'appui populaire », analyse Alain G. Gagnon, professeur au département de science politique de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en Études québécoises et canadiennes.

    Et que, contrairement à ce que prédisaient certains observateurs il y a quelques mois, la Coalition avenir Québec (CAQ) semble séduire davantage les électeurs libéraux que les électeurs péquistes.

    « Il n'y a rien qui peut être tenu pour acquis, avance le politologue. Les libéraux pensaient pouvoir naviguer vers une victoire éclatante dans les deux comtés. », mais ils ont perdu du terrain. « Dans les deux cas, le Parti libéral du Québec a connu un recul de plus de 16 % par rapport à l'élection générale de 2008 », fait remarquer M. Gagnon.

    Des résultats qui ne sont pas étrangers au conflit étudiant, estime-t-il. Selon lui, les résultats indiquent que les partisans libéraux font moins confiance au parti pour régler la crise politique et sociale actuelle. « Il y a un risque important pour M. Charest, qui prend une position très dure par rapport aux jeunes, qui les démonise, qui criminalise le mouvement étudiant », poursuit-il.

    « On ne peut pas livrer bataille contre un mouvement de cette nature-là sans encaisser des pertes malheureuses sur le plan politique, croit le politologue. Le Parti libéral aurait intérêt à s'asseoir avec les représentants du mouvement étudiant pour essayer d'en arriver à une entente plutôt que de polariser les enjeux. »

    Au-delà de ce confit qui dure depuis une centaine de jours, les résultats révèlent selon lui aussi une « fatigue à l'égard du gouvernement de M. Charest ». Il évoque notamment le début des audiences de la commission d'enquête publique sur l'industrie de la construction.

    M. Gagnon souligne par ailleurs que dans la circonscription d'Argenteuil, le PQ a connu depuis 2003 une croissance importante de ses appuis. La formation péquiste avait recueilli le quart du vote en 2003, une proportion qui a crû en 2007 et 2008 pour s'établir à plus du tiers des appuis en 2012.

    La CAQ en progression

    Avec une progression de 10 points de pourcentage, la CAQ est cependant le parti qui a réalisé les gains les plus importants, si l'on compare ses résultats à ceux de l'ADQ en 2008, fait-il en outre remarquer, même si on est loin des résultats réalisés en 2007 par l'ADQ de Mario Dumont.

    « Ça sera un acteur important lors des élections générales », prédit-il.

    « Ce sont des gains significatifs, mais qui [s'ils se maintiennent à ce niveau] ne lui permettraient pas d'aller chercher des comtés à l'échelle provinciale », admet-il. « Mais peut-être cela permettra-t-il d'aller chercher de nouvelles recrues, alors qu'il y a quelques semaines, on avait l'impression que le parti était en pleine débandade ».

    « Si la formation recueille moins de 20 % des appuis populaires [lors des élections générales], ce serait très difficile pour elle de faire élire des candidats. La Coalition pourrait même permettre au PQ de passer dans plusieurs circonscriptions », prédit-il.

    Sa remontée pourrait cependant mener Pauline Marois à « repenser sa stratégie électorale » afin d'être « plus sensible à l'égard des Verts ou de Québec solidaire pour éventuellement créer une coalition, comme le proposait le député Pierre Curzi. Une stratégie qui n'est pas sans risques, souligne-t-il, puisque le PQ pourrait « perdre des appuis vers la droite, qui iraient à la CAQ, et l'impact de la CAQ serait encore plus significatif.

    « C'est un scénario qu'il faut évaluer avec prudence, mais ce n'est pas un scénario sans intérêt », tient-il à souligner.

    Quant à Québec solidaire, les résultats de lundi semblent démontrer qu'il est « condamné à être un tiers parti », croit M. Gagnon. « Cela étant, il a quand même un rôle à jouer. Ce n'est pas tant un parti de programme, mais c'est un parti qui a une mission, une vocation, qui veut sensibiliser les gens », dit-il.

    « On ne peut pas s'attendre que ce parti puisse faire élire plus de deux ou - s'il est chanceux - de trois candidats. Mais avec un parti qui serait minoritaire, ça pourrait faire la différence. Ça pourrait conduire à un gouvernement de coalition PQ-Québec solidaire », conclut-il.