Le candidat libéral Damien Arsenault, maire de Saint-Elzéar, a remporté lundi l'élection partielle dans Bonaventure, en Gaspésie, avec 49,5 % des suffrages.
- Damien Arsenault, Parti libéral du Québec : 7887 voix ; 49,46 %
- Sylvain Roy, Parti québécois : 5935 voix ; 37,22 %
- Patricia Chartier, Québec solidaire : 1422 voix ; 8,92 %
- Georges Painchaud, Action démocratique du Québec : 365 voix ; 2,29 %
- Jean Cloutier, Parti vert du Québec : 205 ; 1,29 %
- Martin Zibeau, indépendant : 131 voix ; 0,82 %
« Pour moi, ce fut une belle campagne, une belle victoire libérale », a-t-il lancé à ses partisans. Le député a aussi remercié les gens de sa communauté. Les résidents de Saint-Elzéar, la municipalité dont il est maire, ont voté à plus de 80 % pour M. Arsenault.
Homme bien connu dans la région, M. Arsenault a présenté tout au long de sa campagne ce qu'il a appelé « le plan Bonaventure », une stratégie de développement économique qui permettrait à la région de combattre le taux de chômage gaspésien de plus de 13 %.
Mardi matin, sur les ondes de RDI, M. Arsenault a indiqué vouloir s'attaquer très rapidement au dossier de l'industrie forestière dans son comté.
Damien Arsenault avait reçu un appui sans équivoque de sa prédécesseure Nathalie Normandeau, qui a démissionné le 6 septembre dernier.
Entouré entre autres des députés de la région, le député des Îles, Germain Chevarie et celui de Gaspé, Georges Mamelonet, Damien Arsenault a reconnu qu'il devait une partie de sa victoire à l'ex-députée Normandeau.
Mme Normandeau, qui fut députée, ministre et vice-première ministre, représentait la circonscription depuis 1998. Ancienne mairesse de Maria, elle a remporté sa plus forte majorité, 5863 voix, lors des élections de 2008.
Devant une centaine de partisans, le nouveau député a par contre ajouté qu'il fallait maintenant se tourner vers l'avenir et qu'il entendait faire à son tour sa marque dans Bonaventure.
Le premier ministre Jean Charest, qui s'est rendu à deux reprises dans Bonaventure pendant la campagne électorale, devait être aux côtés de M. Arsenault à New Richmond, lundi soir, mais son avion n'a pu se rendre en raison des mauvaises conditions météorologiques.
Le Parti québécois souhaitait bien ravir ce bastion libéral qui a été représenté à l'Assemblée nationale pendant 37 ans par Gérard D. Lévesque. Un seul politicien, le péquiste Marcel Landry, avait réussi à arracher la circonscription aux libéraux durant quatre ans, de 1994 à 1998.
La déception était palpable parmi les rangs péquistes réunis à Carleton.
Commentant la défaite, la chef de l'opposition officielle a indiqué que le PQ avait dû se battre en campagne contre deux « fantômes ». Le premier fantôme, a expliqué Mme Marois, était celui de Nathalie Normandeau. Le second était celui de François Legault et de la Coalition avenir Québec qui n'a pas eu le courage de présenter un candidat, a ajouté Mme Marois. « On doit l'évaluer à cette aune-là, et non aux résultats potentiels qu'il aurait pu avoir », a déclaré Pauline Marois.
Mme Marois, qui est venue trois fois faire campagne depuis le déclenchement des élections partielles, a promis d'être à nouveau présente lors des prochaines élections. Elle a de nouveau assuré que cette élection ne constituait pas pour elle un nouveau test pour son leadership. Les résultats montrent que le PQ a mieux performé qu'en 2008. Lors de ces élections générales, le PQ avait obtenu 29 % des suffrages.
Comme sa chef, le candidat du PQ, Sylvain Roy, sociologue et enseignant, aussi conseiller municipal d'Escuminac, croyait qu'il était possible de ravir la circonscription, en misant sur l'insatisfaction de la population à l'endroit de Jean Charest et de sa gestion du dossier de l'industrie de la construction ou de celui des garderies.
Avec 37 % des appuis, soit 5935 voix, Sylvain Roy promet qu'il sera à nouveau dans la course aux prochaines élections générales.
La candidate de Québec solidaire (QS), Patricia Chartier, espérait bien atteindre 10 % des voix. Avec 8,92 % des appuis, c'est presque mission accomplie.
Patricia Chartier souligne qu'elle a presque triplé son score de 2008 où elle avait récolté 3,20 % des suffrages.
L'ambiance était d'ailleurs à la fête lundi soir parmi les partisans gaspésiens de Québec solidaire. Mme Chartier s'estime d'autant plus satisfaite que la campagne a permis à QS de hausser le nombre de membres du parti dans Bonaventure. Mme Chartier est aussi connue pour être l'attachée politique du nouveau député fédéral dans Gaspésie-Les Îles, le néo-démocrate Philip Toone.
Le candidat de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Georges Painchaud, un Madelinot d'origine et ancien président de la Fraternité des policiers de la Communauté urbaine de Montréal, a admis que sa campagne avait quelque peu souffert de l'incertitude qui pèse actuellement sur son parti. L'ADQ, qui est en pourparlers avec la Coalition avenir Québec de François Legault, obtient à peine 2 % des suffrages.
Deux autres candidats étaient en lice. Jean Cloutier, président de l'aile québécoise du Parti vert, a toutefois invité les électeurs à appuyer le candidat péquiste Sylvain Roy au cours d'un des trois débats qui ont animé la campagne électorale. Moins de 2 % des électeurs ont choisi de l'appuyer.
Enfin, un résident de la circonscription, Martin Zibeau, se présentait comme indépendant. M. Zibeau avait indiqué qu'il représentait la Coalition des sans-parti qui veut défendre la voix des régions à l'Assemblée nationale, en dehors des lignes de parti. Il a obtenu moins de 1 % des voix.
Au cours de la journée, les 29 481 électeurs ont pu exercer leur droit de vote dans 33 lieux différents de la circonscription qui s'étend de L'Ascension-de-Patapédia à Port-Daniel-Gascons.
Le taux de participation a été de 54,55 %, comparativement à 57,96 % en 2008.






