Mardi, des résidents et des organismes d'Ottawa se sont à leur tour exprimés au sujet de deux projets de loi ontariens pour contrer l'intimidation dans les écoles. Les textes ne font toutefois pas l'unanimité et soulève une certaine opposition.
Certains ont critiqué les dispositions qui donneraient l'impression que les jeunes homosexuels sont davantage ciblés que les autres enfants. Selon eux, il faut viser tous les élèves.
On estime qu'un élève sur trois est victime d'intimidation en Ontario.
Les groupes religieux refusent également que le « mode de vie » gai et lesbien soit inséré dans le programme scolaire, comme le prévoient les projets de loi.
Le conseiller municipal Alan Hubley a également participé aux audiences. Son fils Jamie, 15 ans, s'est suicidé en octobre dernier après avoir été victime d'intimidation liée à son orientation sexuelle.
Devant le comité, composé d'élus libéraux, néo-démocrates et conservateurs, Alan Hubley a déclaré qu'il faut protéger tous les enfants.
L'Ontario veut donner aux conseils scolaires plus de pouvoir, dont celui d'expulser les récidivistes; mais aussi plus de responsabilités, comme la création de groupes de prévention.
De son côté, l'Association des enseignants franco-ontariens (AEFO) appuie les projets de loi et approuve l'idée de discuter de l'intimidation liée à l'orientation sexuelle.
Le regroupement croit également qu'il serait pertinent de créer des alliances entre des élèves hétérosexuels et gais, si les jeunes en font la demande.
À Toronto, lors des audiences publiques sur les projets de loi, des groupes de parents estimaient que la future loi ne devrait pas inclure la portion forçant les conseils scolaires à créer des alliances gaies-hétéros.
Selon eux, cet aspect centraliserait trop le débat sur une seule forme de discrimination et détournerait l'attention du vrai problème.
De nombreux groupes religieux voulaient également rayer cette clause de la loi incluse à la demande de la communauté gaie.
Le projet de loi contre l'intimidation à l'école sera adopté au plus tard le 7 juin, à Queen's Park. Les trois partis ont accepté d'accélérer les procédures, afin que la nouvelle loi soit en vigueur pour la rentrée scolaire de septembre.


