Le boom minier a entraîné dans les villes du nord ce phénomène bien particulier, communément appelé « fly-in, fly-out ». Les villes du Plan Nord veulent contrer l'embauche, favorisée par les minières, d'équipes volantes hébergées dans des campements temporaires.
Ainsi, des milliers de travailleurs vivent dans le nord le temps de leur période de travail, soit trois, quatre voire six semaines, et puis retournent chez eux lors des périodes de congé.
À Fermont, les minières Arcelor Mittal et Cliff Natural Ressources construisent à toute vitesse des édifices à logements pour accueillir des centaines d'employés qui travaillent sur des horaires rotatifs.
La ville doit les accommoder au détriment d'un développement plus durable qui favoriserait l'accroissement de sa population.
De passage à Fermont, mardi, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a soutenu qu'il souhaitait que les villes touchées par le Plan Nord puissent se développer de façon durable.
« On ne poserait pas le geste que nous posons aujourd'hui si on n'avait pas la conviction profonde que ce que nous voulons, ce sont des installations permanentes », a déclaré le premier ministre Jean Charest, au moment où il annonçait une aide de 200 millions pour les municipalités du Plan Nord.
Du même souffle, il a tout de même admis que le « fly-in fly-out » était sans doute inévitable. « Il n'y a pas une fatalité à ce que les gens soient en "entrée et en sortie" », a commenté le premier ministre.
Le conseiller municipal de Fermont, Jean-François Potvin, aimerait pourtant changer la donne. « Il n'y a pas beaucoup de développement résidentiel. C'est un enjeu majeur pour Fermont », indique M. Potvin.
La mairesse, Lise Pelletier, admet que l'aide gouvernementale est un bon coup de main qui lui permettra de mettre en place un plan d'action pour attirer les familles. « Que ce soit pour les CPE, c'est de tout mettre en action dans les prochains mois pour le développement durable de la ville de Fermont », explique Mme Pelletier.
Les détails de ce plan d'action seront connus un peu plus tard.
Reste à savoir si la somme de 200 millions sera suffisante pour que les 34 municipalités puissent contrer la tendance au développement temporaire.
Par ailleurs, de passage en Minganie, mercredi, le premier ministre du Québec s'est dit impressionné par l'avancement des travaux du chantier de la Romaine, près de Havre-Saint-Pierre. Jean Charest visitait le chantier pour la première fois depuis le coup d'envoi des travaux en mai 2009.
Le président-directeur général d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, accompagnait le premier ministre dans sa visite. Le barrage Romaine II doit produire ses premiers kilowatts en 2014.


