L'usine de sciage du Groupe Lebel à Cap-Chat demeurera fermée cette année.
Pour la première fois depuis plus de 20 ans, l'entreprise cesse ses activités pendant une saison complète. Elle invoque le contexte économique actuel pour expliquer sa décision.
Cette annonce a l'effet d'un coup de massue chez la quarantaine d'employés de la scierie. Ils espéraient pour la plupart, le redémarrage de l'usine, dont les activités reprennent habituellement au printemps. Leurs craintes sont vives quant à l'avenir.
Les employés acceptent difficilement que leur patron ne leur ait pas annoncé la mauvaise nouvelle de vive voix. Ils accusent l'entreprise de manquer de transparence.
« Nous autres, on veut savoir ce qu'il a l'idée de faire avec le moulin à Cap-Chat. Soit qu'il veut le démanteler, qu'il veut faire de quoi, qu'il nous dise la vérité! » s'indique un autre employé, Georges Sergerie.
Pour plusieurs employés, les prestations d'assurance-emploi tirent à leur fin. « Là, on est sur la fin de notre chômage, puis ils n'ont même pas pensé à sortir un projet pour que les hommes puissent faire au moins un semblant de chômage. Là, on ne sait plus quoi faire », affirme Martin Lepage.
« On n'a qu'une usine, renchérit Georges Sergerie. On veut travailler, on a un emploi puis on a du bois en Gaspésie, on veut travailler dans notre place. On ne veut pas s'en aller dans le grand Nord à l'âge qu'on a là. »
Une fermeture définitive de l'usine de sciage ou l'exil de citoyens en quête d'emploi porterait un dur coup à la municipalité de Cap-Chat.
« Le niveau de vie va baisser, tout en espérant qu'ils ne s'en aillent pas ailleurs parce que quand ta population diminue, il y a moins de choses qui se passent », dit le maire de Cap-Chat, Jules Landry.
Le Groupe Lebel promet de réévaluer la situation en 2013.
D'après le reportage de Lisa-Marie Bélanger


